03/09/2012

Votation du 23 septembre 2012 : Crédit de 5 millions pour bloquer 50 rues à l’essai : Le TCS Genève recommande de voter NON

Crédit 50 rues : le TCS dit NON

Comment entraver sans rien régler ?

En matière d’entraves à la circulation et aux automobilistes, l’initiative acceptée par le Conseil municipal de Genève et visant à fermer 200 rues à la circulation dont 50 à court terme et à l’essai pour une année fait vraiment très fort. Bien loin d’une vision idyllique de création de zones piétonnes reliées, cohérentes, agréables et animées, il s’agit ni plus ni moins que d’un acte délibéré visant à provoquer encore plus de chaos pour la mobilité individuelle. Elaboré sans vision globale de la mobilité et du stationnement , donc sans la moindre proposition de gestion des conséquences sur le trafic, ce projet garantit aux usagers un blocage des transports encore pire que celui que Genève connaît trop bien depuis de nombreuses années. Il convient donc de le rejeter sans la moindre hésitation.

Les citoyens de la ville de Genève sont appelés à se prononcer le 23 septembre sur l’initiative dite « 200 rues sont à vous », acceptée par une majorité du Conseil municipal (CM) en janvier 2010 sans avoir passé en votation populaire. Puis un crédit de CHF 5’136'000.- a été accepté par le CM en janvier 2012, visant à financer la mise en place « à l’essai pour une année » de mesures de fermeture du premier lot de 50 rues. Un referendum contre ce crédit a immédiatement été lancé et a largement abouti, permettant aux citoyens d’enfin se prononcer sur l’octroi de ce financement, à défaut d’avoir pu le faire démocratiquement sur le fond. 

Le TCS Genève recommande de refuser ce projet pour les raisons suivantes :

  • Bien loin d’une vision idéale de zones piétonnes reliées, cohérentes, agréables et animées auxquelles Genève est légitimement en droit d’aspirer, on assiste à une proposition de fermeture hétéroclite et disparate de 50 de rues éparpillées au quatre coins de la ville. Et ça n’est qu’un début : à terme ce sont bien 200 rues, soit le quart des artères de la ville, qui seraient fermées. Quitte à commencer par les plus faciles, dans une démarche opportuniste évidente.
  • Il ne propose aucune vision globale de la mobilité.
    Pire, les conséquences (et les éventuelles solutions) en termes de flux de trafic n’ont même pas été étudiées ! Or l’impact négatif sur la circulation serait énorme et aggraverait considérablement une situation déjà très problématique
  • La question du stationnement des habitants et des visiteurs n’a pas été considérée. Il n’existe à ce jour pas le moindre rapport ou étude officielle expliquant comment pourraient être compensées les quelque 1'000 places ( !) de stationnement immanquablement supprimées pour ces seules 50 premières rues. La loi sur la compensation du stationnement récemment adoptée par le Grand Conseil, qui prévoit que désormais toute place supprimée en surface doit être compensée (le cas échéant en sous-sol), ne pourrait donc de toute évidence pas être appliquée dans ces conditions. Et concrètement, les usagers en recherche d’une place de stationnement en seraient réduits à tourner et tourner encore dans les rues adjacentes.
  • Le principe de la fermeture « à l’essai pour une année » n’est qu’un miroir aux alouettes, le but ultime de la manœuvre étant évidemment d’éviter par ce biais le risque évident de mises à l’enquête sujettes à opposition. Et que dire dès lors du coût, plus de 5 millions, pour des travaux qui n’auront de pertinence que durant une année ? Il s’agit de gaspillage.
  • Le TCS Genève soutient avec ferveur le développement d’un principe cohérent de mobilité, visant à favoriser les modes de transports les plus adaptés à chaque situation et à chaque zone du territoire. Il prône le développement de la multi-modalité. Mais cette approche pragmatique et rassembleuse n’a de chance de succès que si des mesures d’équilibrage sont mises en œuvre dans le même temps. A ce titre, la création de places de stationnement de proximité doit constituer un préalable à la réalisation de zones piétonnes. De nombreuses grandes villes ont déjà réussi une telle évolution : les succès sont nombreux, les bons exemples pléthoriques. Le TCS Genève formule l’espoir que les citoyens genevois ne se laisseront pas bercer par des chimères et qu’ils feront preuve du réalisme nécessaire pour demander au législateur de présenter une copie plus sérieuse. 

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