30/01/2014

Traversée de la Rade / du Lac: La vision d’abord, le financement après!

L’initiative 152 (IN152) demande la réalisation d’une traversée de la Rade entre l’avenue de France et le Port-Noir. Comme nous l’avons déjà évoqué, cette initiative est basée sur des projections réalisées il y a bientôt 15 ans. Or les volumes de trafic prévus pour l’an 2020 ont été dépassés en 2012 déjà. Ensuite, ou en conséquence, le tracé voulu par cette initiative, notamment les accès de part et d’autre, n’est pas idéal car il ne libère pas suffisamment le centre-ville de la circulation. La traversée du Lac, en revanche, prévue dans le plan directeur cantonal, en créant un véritable bouclage du contournement autoroutier, permet de décharger de nombreuses routes situées à l’intérieur de son périmètre et même de diminuer considérablement le trafic sur l’actuel contournement. Mais il est tout-à-fait possible de prévoir également une traversée nettement plus courte, de la Rade donc, en apportant de notables améliorations au niveau des accès sur les deux rives par rapport au texte de l’IN152. Ces options, fort différentes, n’ont jamais été proposées au peuple.

C’est à la lumière de ce constat que le TCS, fort d’un avis de droit et d’une proposition de formulation, a dès lors proposé qu’un contre-projet soit opposé à l’IN152, de façon à permettre l’émergence de la meilleure solution possible. La Commission des transports du Grand Conseil a reconnu le bon sens de cette approche et recommande donc au Grand Conseil de donner la possibilité aux citoyennes et citoyens genevois de se prononcer en votation populaire sur le meilleur choix de tracé.

On a pu lire récemment des interprétations fantaisistes de l’approche du TCS Genève, en particulier pour ce qui touche au mode de financement d’un tel projet. Cette question, cruciale s’il en est, est cependant prématurée. Il importe prioritairement de définir une vision de l’aménagement de notre territoire partagée par le plus grand nombre et ensuite seulement de trouver les moyens pour la concrétiser. L’implication de la Confédération (incorporation au réseau des routes nationales), du Canton (moyens propres et/ou emprunt public), voire d’éventuels acteurs privés (sous forme de concession à durée déterminée par exemple) devra être abordée en toute transparence, à la lumière de l’orientation donnée par le résultat du vote populaire. Mais l’heure de ce débat complexe en forme d’équation à plusieurs inconnues n’a pas encore sonné ; ouvrir ce volet du débat est prématuré.

Courant février, la question à laquelle le Grand Conseil va devoir répondre est brève et directe : l’IN152 doit-elle être proposée telle quelle au peuple, avec ses qualités et ses défauts, ou alors vaut-il mieux ouvrir la porte à une alternative de tracé ? Le TCS Genève propose de donner le choix au peuple ; le Grand Conseil disposera.

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