24/09/2014

Faisons le point sur la situation du trafic

Le credo du TCS Genève est toujours de faciliter la mobilité. Elle concerne tous les moyens de transport. Le président François Membrez fait le point.

Quels projets sont-ils susceptibles d’améliorer la mobilité à Genève aujourd’hui?

En l’absence d’infrastructures nouvelles, seules des mesures de gestion peuvent être prises. Il y a certes des projets, mais à long terme. En attendant, il faut agir. L’élargissement de l’autoroute de contournement ne produira ses effets qu’après 2025 quand le tronçon entre l’aéroport et Bernex puis Perly, en priorité 2, sera réalisé. A ce moment-là, les travaux de la traversée du lac devraient démarrer si les promesses faites durant la campagne précédant le vote du 28 septembre dernier sont tenues.  

A ce propos, comment interpréter le vote sur la traversée de la rade?

A notre sens ce projet a été jugé trop coûteux – indépendamment du financement possible – par rapport à ses effets bénéfiques considérés comme insuffisants. Dans ce contexte, la promesse d’une traversée du lac payée par la Confédération a joué un grand rôle 

Est-il donc si difficile d’investir dans les projets routiers à Genève?

Une coïncidence un peu malheureuse a voulu qu’à Fribourg le magnifique pont de la Poya ait été inauguré en grande pompe juste après le vote genevois. C’est un somptueux ouvrage d’art qui dévie la circulation du centre-ville et améliore la qualité de vie. Il a été réalisé avec un financement partiel de la Confédération et le solde par le canton. Mais il est vrai qu’il n’y a quasiment pas de dette cantonale à Fribourg. Sur ce point, il faut saluer les efforts du Conseil d’Etat genevois actuel qui s’est donné comme priorité de réduire la dette pour qu’elle ne pénalise pas les investissements. 

Certains disent que le message de la population genevoise le 28 septembre est qu’il ne faut plus de véhicules privés au centre. Qu’en pensez-vous?

Nous en doutons, car la traversée de la rade avait justement pour but de soulager le centre-ville du trafic de transit.  

Quelles mesures peuvent être prises maintenant?

Avant tout fluidifier le trafic, comme l’exige d’ailleurs la nouvelle constitution, ce qui diminue les nuisances. Et améliorer l’efficacité des transports publics. Il est possible de faire les deux. Le TCS a par exemple proposé en septembre 2013 que trois mesures concrètes et cohérentes entre-elles soient prises: la prolongation de la ligne du tram 18 jusqu’à Carouge, l’élargissement de la route des Acacias dans le sens sortie de ville et la remise à double sens de la rue de l’Ecole-de-Médecine où passait un bus pour Carouge auparavant. Ces mesures sont réalisées par conseiller d’Etat Luc Barthassat ou en voie de l’être. Il veut aussi promouvoir les ondes vertes, ce qui est positif. Mais il faudra encore revoir les aménagements des nouvelles lignes de tram. Ils sont souvent ratés et contre-productifs autant pour les trams que pour la circulation des automobiles. Et dans l’immédiat un recours à la bande d’arrêt d’urgence aux heures de pointe sur les tronçons autoroutiers est souhaitable. Cela fonctionne très bien entre Morges et l'échangeur de Villars-Ste-Croix, faisons-le à Genève. 

Et la priorité des transports publics sur les véhicules privés?

C’est déjà le cas aujourd’hui à tous les carrefours. Et les voies de bus sont généralisées. Les initiatives ou lois en ce sens sont inutiles. 

Peut-on imaginer d’aller plus loin en réduisant la part des véhicules privés sur certains tronçons?

Si c’est pour améliorer la vie des quartiers et des clients des commerces, dans le cadre de consultations qui sont réelles et non pas alibi, pourquoi pas. Mais il faut alors construire des parkings et favoriser les accès à ces parkings. Le but ne doit pas être la contrainte. Ce n’est pas la bonne façon de faire. Prendre les transports publics doit être motivé par un choix lié à l’attrait des bus et des trams. Globalement, toute restriction doit être simultanée avec des solutions de remplacement réelles. Le TCS tient beaucoup à ce principe de la simultanéité. Cela doit concerner aussi les places de stationnement. Il n’est pas possible d’en supprimer avant que de nouvelles soient crées en compensation, ce qui se voit trop souvent aujourd’hui. 

A propos de stationnement, qu’en est-il de la répression?

On assiste souvent à des pratiques proches du harcèlement qui sont inacceptables, notamment à l’égard des deux-roues motorisés ou dans les zones résidentielles le samedi par exemple. Et même dans des lieux ou des places ont été supprimées en raison de travaux. Le but ne doit pas être d’encaisser de l’argent, mais de contrôler le respect des règles de stationnement. Cela doit se faire avec du bon sens. 

D’autres mesures peu coûteuses sont-elles envisageables pour diminuer les bouchons?

Tout à fait et je pense notamment aux accidents n’ayant causé que des dégâts matériels. La priorité doit être donnée à l’évacuation rapide des véhicules, dans les 10 minutes. Il y a trop d’épisodes, notamment aux heures de pointe, où la gendarmerie tolère que les véhicules restent en place pendant les constats et les dépositions, ce qui empoisonne la vie de milliers de personnes. Des règles précises existent dans d’autres pays et on pourrait les appliquer à Genève. 

Pour revenir aux questions de circulation, peut-on faire plus pour éviter le trafic pendulaire venu de France?

Clairement oui. Parmi les 25 mesures que le TCS préconise figure l’augmentation conséquente des parkings relais tout au long de la frontière française. Il est possible de prendre des mesures qui ne nécessitent pas de travaux trop longs et coûteux. Car il y a ici urgence, surtout pour les cinq ans à venir, avant la mise en service du CEVA. 

Justement que faut-il attendre du CEVA?

Le futur RER du Grand Genève, que le TCS a soutenu dès le début, devrait améliorer la situation en ce qui concerne le trafic pendulaire. Mais il faudra absolument que les gares d’accès sur Vaud et en France, notamment la gare d’Annemasse, comptent de nombreux parkings. La France doit aussi construire des parkings d’échange aux extrémités de lignes de bus desservant la gare d’Annemasse. Et à Genève il faudra de bonnes interfaces avec le réseau TPG. Cela s’élabore en ce moment. 

Et les nouveaux ouvrages ?

Les routes qui convergent vers le centre et les axes qui permettent de contourner le cœur de l’agglomération sont surchargées. Il faudra de nouvelles routes ou de nouvelles dessertes et chacun en convient.
J'aimerais citer notamment celles autour des futurs Communaux d’Ambilly, des projets d’urbanisation à Veyrier, la future liaison Genève-Sud, la route des Nations, un tunnel sous le Grand-Saconnex. Et également de nouveaux échangeurs, que ce soit pour faciliter l’accès à l’autoroute ou la demi-jonction de Vernier-Canada qui doit permettre au trafic venant de Perly de quitter l’autoroute pour rejoindre la zone industrielle de Meyrin-Satigny. On parle aussi d’un nouvel échangeur qui devrait desservir Versoix. Notre brochure Mobilité 2030 dans le Grand Genève publiée en 2012 dévoile bien d’autres mesures, notamment de transport public. Dont naturellement la traversée du lac.

Quelles seront les prochaines étapes pour cette dernière?

Dans l’immédiat, dès lors qu’une initiative a été lancée, le TCS a décidé de soutenir la récolte des signatures. Durant la campagne sur la traversée de la rade, le conseiller d’Etat Luc Barthassat s’est engagé à ouvrir les travaux de la traversée du lac en 2025. Or l’expérience montre qu’une infrastructure de ce type nécessite environ 10 ans de procédures avant de voir les travaux démarrer: crédit d’étude, dépôt du dossier de demande d’autorisation de construire, étude d’impact sur l’environnement, sondages géologiques, procédure d’autorisation proprement dite, y compris les oppositions de tiers et les recours judiciaires, procédure parlementaire pour les différents crédits de construction si l’idée d’un préfinancement cantonal est maintenue. Cela signifie que c’est aujourd’hui que le processus doit débuter, indépendamment de l’avancement de l’initiative. 

Améliorer le trafic au Rond-Point de Rive, Un projet contesté

La Ville de Genève a demandé une autorisation pour aménager une voie de bus au boulevard Emile-Jaques-Dalcroze, entre le pont Charles-Galland et le Rond-point de Rive. Elle veut également prolonger la piste cyclable jusqu’au dit rond-point.

Conséquence: la suppression d’une des deux voies de trafic privé sur le boulevard et la suppression de 14 places de stationnement au Rond-Point de Rive, sans compensation. Quarante et une places pour deux-roues motorisés seront aménagées, ainsi que six zones vélos. 

Places de parcage supprimées

Le TCS a soutenu les recourants à ce projet, qui présentait certaines anomalies. Notamment le fait que les places de stationnement ne soient aucunement compensées, la mention d’une compensation dans le parking de St-Antoine ayant le défaut majeur d’augmenter son niveau de saturation aux heures de pointe. En 2012 déjà, le taux d’occupation entre 10h et 16h atteignait 80%. Même présentée comme provisoire, cette solution ne saurait satisfaire les personnes concernées.
Un essai de suppression de places de stationnement avait été réalisé en 2012. Il avait suscité une pétition de la Fédération du commerce genevois. La Commission des pétitions avait constaté la violation du principe de compensation. La Commission des transports avait souscrit à ces conclusions et renvoyé le dossier au Conseil d’Etat pour qu’il propose une vision globale de la circulation, en particulier dans la perspective de la mise en service du parking des Clés-de-Rive. Le bilan de cet essai n’a par ailleurs jamais été rendu public, à notre connaissance.

Le trafic va se reporter ailleurs

Une seule voie de circulation au lieu de deux: malgré la promesse d’augmenter la phase du feu vert de la voie restante, le TCS a émis un doute quant à l’efficacité de cette mesure. Il est impossible de doubler la phase verte, ce qui compenserait la perte d’une voie. Il n’y aura donc qu’une compensation partielle, une perte de capacité et la file d’attente remontera souvent jusqu’au pont Charles-Galland, et même jusqu’à la rue de la Croix-Rouge. Bouchons assurés: si ce n’est directement à Jaques-Dalcroze, ce sera dans les rues voisines.
Le report inévitable sur le boulevard Helvétique devrait faire l’objet de mesures d’accompagnement. Mais rien de significatif n’est prévu, ce qui risque d’y engorger encore plus la circulation aux heures de pointe. Aucun rallongement de la phase du feu vert n’est envisagé sur ce boulevard. Or, nous sommes quasiment dans un axe de sortie de ville où il est impératif de conserver un écoulement aussi fluide que possible. En quelques croisements, on se trouve sur les quais…
Le recours avait un effet suspensif. Toutefois, il a été partiellement levé pour permettre la pose d’un revêtement phonoabsorbant, à la condition que le marquage en surface reproduise exactement la situation actuelle. Emportés par leur enthousiasme, les responsables de la Ville avaient déjà fait ériger un refuge pour piétons inexistant auparavant, anticipant la suppression d’une voie de circulation. Il a été promptement démoli…
Suivant les vœux de la Commission des transports, il serait souhaitable qu’une vision un peu plus large soit adoptée, prenant en compte le futur parking des Clés-de-Rive. Sans quoi on ne pourra que soupirer en constatant que le saucissonnage, toujours au détriment du trafic privé, se poursuit, créant une insécurité et le sentiment d’une vue à court terme.

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23/09/2014

Place de la Synagogue, un cas emblématique

Il y a parfois des microcosmes qui peuvent devenir un concentré emblématique des préoccupations d’une époque. A Genève, en matière de circulation, la place de la Synagogue joue un peu ce rôle. Voyez plutôt!

A fin 2009, une pétition lancée par un comité ad hoc et munie de trois cent quatorze signatures demande au Conseil municipal de la Ville de Genève l’instauration d’«une place de la Synagogue sans trafic motorisé», soit une réorganisation supprimant le trafic dans les deux petites rues jouxtant la place pour le reporter, en l’inversant, sur deux autres voies du quartier (rue Jean-Petitot et rue de Hesse) et permettre ainsi aux automobilistes de passer du boulevard du Théâtre et de la rue Général-Dufour au boulevard Georges-Favon. But de la mesure demandée: améliorer la sécurité des piétons dans ce secteur et mettre en valeur l’espace public autour de la Synagogue.
Dans la foulée, un projet est déposé au Conseil municipal qui prévoit, lui, en contrepartie de la piétonisation totale du pourtour de la Synagogue et de la place éponyme, le report du trafic sur la rue Bovy-Lysberg.
Dans sa revue de septembre 2013, la section genevoise du TCS relève que, malgré le rejet en votation populaire le 23 septembre 2012 du crédit destiné à piétonniser cinquante rues, la Ville envisage de supprimer la circulation à la place de la Synagogue (qui faisait pourtant partie du lot). Il demande que cette opération, si elle est réalisée, ne se fasse pas sans inverser les sens de la circulation à la rue de Hesse et à la rue Jean-Petitot… comme le suggérait la pétition.
Aujourd’hui, nouveau changement de «décor»: dans la FAO du 8 août 2014, une mise à l’enquête publique prévoit d’inverser le sens de la circulation à la rue de Hesse seulement…
On notera d’autre part que ce projet supprime vingt-six places de stationnement en considérant que les véhicules qui les occupent peuvent être répartis dans des parkings existants (Finances, Tribune de Genève et Uni-Dufour). Quant aux deux-roues motorisés, il reporte dans les rues adjacentes la totalité des places supprimées… à l’exception d’une trentaine de véhicules stationnant chaque jour ouvrable hors cases.

Le point de vue du TCS

Fidèle à sa vision et à ses principes, la section genevoise du TCS considère que la place de la Synagogue pourrait se prêter à une piétonisation à deux conditions. La première est que tant la rue Jean-Petitot que la rue de Hesse voient leur trafic inversé pour permettre l’accès du trafic au boulevard Georges-Favon. La deuxième est que les vingt-six places de stationnement supprimées soient dûment remplacées par des places en surface. En effet, le remplacement par des parkings existants n’est pas prévu par la loi et, en l’occurrence, ceux qui sont suggérés sont beaucoup trop éloignés de la place de la Synagogue et n’offrent pas a priori la disponibilité nécessaire.
Le TCS note encore que, dans la foulée, il conviendrait de supprimer les feux installés récemment sur la rue Général-Dufoir (devant le Victoria Hall), qui créent des bouchons inutiles dans le quartier, ou qu’à tout le moins ils prévoient une phase verte plus longue, voire un feu clignotant qui ne passe au rouge que lors du passage du bus, actionné par celui-ci.
On le voir, il y a un peu de tout dans ce cas: un espace qui se prête plutôt bien à un changement d’affectation au goût du jour, un problème d’urbanisme, une opposition entre deux visions du trafic, le respect de la loi en matière de compensation du stationnement, une réflexion sur le régime des feux et la vocation qu’on leur prête: régulatrice ou dissuasive. Il ne resterait, pour faire bon poids de philosophie de la mobilité, qu’à y rajouter une interrogation quant au cheminement des bus, que les TPG ont voulu faire sinuer dans des petites rues... Mais ça, c’est une autre histoire, sur laquelle nous aurons sans doute l’occasion de revenir.

Didier Fleck

Pour la Chambre de commerce, le projet est inacceptable

Le projet de fermeture de la place de la Synagogue pose davantage de problèmes qu’il n’en résout en termes de circulation dans le quartier des Banques, ainsi qu’en direction de la Gare Cornavin. Il est inacceptable.
Pour le trafic provenant de la place de Neuve, le tronçon nord de la place est le plus commode pour rejoindre le boulevard Georges-Favon, le pont de la Coulouvrenière et la gare, étant donné que la rue de la Corraterie est fermée au trafic normal. Sa fermeture compliquerait l’accès à la gare et entraînerait très clairement un report de circulation sur la rue de Hesse. Par ailleurs, plusieurs places de stationnement voitures et deux-roues motorisés seraient supprimées.
Le projet aggraverait donc la situation d’un quartier où les aménagements de flux de véhicules posent autant de difficultés aux automobiles qu’aux véhicules des transports publics: feux rouges interminables, flux uniques dans des rues ne s’y prêtant pas, bancs publics entre deux artères séparées par d’immenses espaces bétonnés. Avant de fermer des rues à la circulation, il faut se demander si cela a du sens sur le plan de l’urbanisme et proposer des solutions pour absorber le trafic détourné qui va forcément se déverser sur les rues adjacentes. Le projet mis à l’enquête est à cet égard trop problématique. Il faisait d’ailleurs déjà partie des projets de fermeture de rues refusés en votation par les Genevois il y a quelques années. Il convient de respecter cette volonté populaire.


Nathalie Hardyn
Directrice adjointe de la Chambre de commerce, d’industrie
et des services de Genève, chargée du dossier transports

Micro-trottoir autour de la place

Un employé de banque
L’important c’est de maintenir une bonne liaison entre Général-Dufour et Georges-Favon et de ne pas tout bloquer avec des feux qui servent plus la philosophie écolo que la sécurité du trafic.

Un livreur
Quelle histoire pour des voies mineures... Qu’une rue soit dans un sens et l’autre dans le sens contraire ou inversement, dans cinq ans on aura oublié comment c’était avant!

Un retraité

La rade, les P+R, la Synagogue… décidément vous êtes partout! Moi je m'en fous, je n’ai même plus de bagnole. Mais en général je suis assez d’accord avec vous.

Un habitant d’un immeuble bordant la place

On a du bruit la journée avec le trafic. Si on ferme les rues qui encadrent la place, on en aura le soir avec les drogués… On ne gagnera pas au change!

Un touriste parisien

J’adore Genève, que je connais assez bien, mais je trouve que ça manque de petites places de charme, bien aménagées, pour humaniser la ville. Je peux vous en montrer des dizaines à Paris.

Un jeune scootériste garé hors cases sur la place

De toute façon, la circulation et le stationnement à Genève c’est le bordel. Alors un peu plus ou un peu moins…

Une jeune maman avec son bébé

Cette petite place, son église, sa fontaine et sa terrasse méritent mieux qu’un transit entre deux artères. Mais je ne conduis pas et je ne saurais dire quelles mesures cela exige pour les rues avoisinantes.

Propos recueillis par Didier Fleck

21/09/2014

Traversée de la Rade et financement de la Confédération, c'est possible !

Contrairement à ce que l’on entend souvent, un financement partiel de la Confédération est aussi envisageable pour la traversée de la Rade.

A condition que l’ouvrage, après son acceptation en votation populaire, soit intégré dans le projet d’agglomération du Grand Genève, rien ne s’oppose à un cofinancement de la part de la Confédération.

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15/09/2014

Traversée de la Rade – Lettre ouverte au Conseil d’Etat

 

Qui veut faire quelque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse

Ce proverbe est particulièrement approprié s’agissant de la traversée de la Rade. Par ses propositions, le TCS cherche à améliorer la mobilité à Genève. De leur côté les opposants, conseil d’Etat en tête, cherchent des prétextes pour ne rien faire !

Il faut d’emblée rappeler que l’initiative soumise au vote le 28 septembre prochain, dans la mesure où elle n’est que partiellement formulée comme l’a souligné le Conseil d’Etat dans son rapport sur la recevabilité, doit être considérée dans son ensemble comme non formulée au sens du droit constitutionnel genevois. Il s’ensuit que le Grand Conseil sera chargé de la préciser et que toutes les améliorations seront possibles. C’est dans sens que le TCS a travaillé, afin de faire de la traversée de la Rade une infrastructure optimale pour Genève.

Les améliorations pourront également concerner les aspects hydrologiques qui sont mis en avant par certains. Des solutions satisfaisantes pourront être trouvées à cet égard. Il sied toutefois de rappeler que l’initiative sur la traversée de la Rade a été déclarée recevable par le Grand Conseil, dans le cadre d’une décision définitive qui implique qu’elle ne se heurte à aucun obstacle matériel ou juridique.

S’agissant des chiffres avancés par le bureau CITEC mandaté par les services de M. Barthassat, ils résultent d’une « modélisation » qui stipule qu’il y aura un « report des transports publics et des modes doux vers les véhicules privés dû à l’aménagement de la traversée ». Or rien n’indique qu’un tel transfert modal va se produire. La mise en service simultanée du CEVA plaide de surcroît contre cette thèse. Le TCS est d’avis que les Genevois vont s’approprier le CEVA comme les Lausannois l’ont fait avec le métro M2.

Autre différence de poids dans les mandats : il a été demandé au bureau CITEC de dire si les accrochages sommairement prévus dans la première étude étaient satisfaisants ou non. Mais il ne lui a pas été demandé d’en imaginer de meilleurs. A l’inverse, le TCS a sollicité une réflexion créative du bureau TEAM+ en demandant aux ingénieurs d’imaginer les meilleurs accès sur les deux rives en tenant compte du trafic de demain. Du coup, le TCS a été en mesure d’apporter des solutions constructives qui font de la traversée de la Rade soumise au vote une excellente solution.

L’allègement du trafic dans l’hyper-centre aura un effet de fluidité et offrira enfin de réelles opportunités. Les TPG, par exemple, pourront proposer des itinéraires plus directs, augmenter la cadence de leurs véhicules et leur vitesse commerciale moyenne. De leur côté, les cyclistes bénéficieront enfin de voies sûres. Et les actuels piétons auront plus de plaisir à traverser un pont devenu plus tranquille. Au final, nous aurons un centre-ville beaucoup plus attractif.

Pragmatique, le TCS a cherché des solutions et les a trouvées. Les usagers sont las des bouchons et de la pollution au centre-ville. Et ils en ont assez des décideurs qui, sur ce sujet interminable, ne décident jamais rien. Il est donc temps d’agir et de voter OUI le 28 septembre.

François Membrez

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