23/09/2015

Humeur, Conduire ou mourir ?

Les lecteurs plus ou moins réguliers de cette page savent qu'au-delà d'informations utiles sur des prestations fournies par le TCS /cours, voyages...) nous aimons y mettre un peu de tripes ou de coeur, c'est selon. L'actualité nous en fournit souvent la matière. le titre ci-dessus pourrait faire penser de prime abord qu'il va s'agir d'accidents de la circulation que nenni!

Dans une précédente chronique (mai 2015), nous nous sommes essayés à quelques conseils pour que les aînés gardent le plus longtemps possible la forme qui les aidera non seulement à conserver leur permis, mais aussi, mais surtout une vie valant la peine d’être vécue. Et paf! Quelques jours plus tard, la Tribune de Genève consacrait presque une pleine page aux propos d’un médecin américain, Ezekiel Emanuel, qui considère, lui, qu’il faut laisser faire la nature «et mourir de la première chose qui m’emportera», sans recourir aux médecins, aux médicaments, aux dépistages... Cet ancien conseiller de Barack Obama, qui dirige aujourd’hui le Département d’éthique médicale et des politiques de santé de l’Université de Pennsylvanie, va plus loin: c’est à 75 ans qu’il met la limite, pour lui et implicitement pour les autres, d’une existence qui a un sens. Au-delà, ce serait inexorablement un déclin, une vie vide… 

Annonçant une conférence de ce Monsieur, l’article de notre confrère ne proposait pas de commentaire sur ce que nous sommes quant à nous tentés de taxer d’élucubrations. Tout au plus une question: que se passera-t-il en 2032 lorsque vous aurez atteint les 75 ans? L’éthicien s’en tire par une pirouette qui vaut son pesant d’incohérence et situe à nos yeux le personnage et l’importance qu’il convient d’accorder à son propos: «Je me réserve le droit de changer d’avis et de produire une défense vigoureuse et raisonnée d’une vie aussi longue que possible. Cela signifiera, après tout, que je suis resté créatif». 

Ouf! L’insignifiance de cette théorie et de la manière de la soutenir ne devrait pas réduire à néant nos efforts pour convaincre les aînés qu’il existe des moyens de se maintenir en forme, physiquement et moralement, et que cela en vaut la peine. Bouger, se nourrir convenablement, ne pas abuser des bonnes et encore moins des mauvaises choses, rester branché sur les affaires du monde et de la cité, par exemple en offrant du temps bénévolement, et continuer de se former, que ce soit par la lecture ou par des cours. Et puis aimer les gens, sa famille, son voisin ou la caissière du supermarché, pour aimer la vie. 

Et c’est là que nous pouvons redonner à notre titre le sens qu’on a pu y voir initialement: non, les aînés ne sont pas condamnés à se tuer ou, pire, à tuer au volant, comme le laissent entendre certains commentaires. Contrairement aux assertions de M. Ezekiel Emanuel, il y a bien des moyens de ne pas simplement subir la nature, mais de retarder les outrages de l’âge. Si ce n’était pas le cas, on se demande bien pourquoi et comment, du milieu du siècle dernier au début de celui-ci, l’espérance de vie aurait gagné en moyenne pas loin d’une vingtaine d’années sous nos latitude. Ne serait-ce pas, un petit peu, parce que la médecine et l’hygiène de vie ont fait des progrès sur lesquels il serait bien bête de cracher?

NB – Celles et ceux qui verraient dans ce qui précède une sorte de plaidoyer pro domo de l’auteur auraient bien raison: celui-ci n’a nullement envie de les abandonner dans deux ans!

Didier Fleck

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