04/01/2016

Loi sur la circulation routière : des adaptations à connaître

Fin novembre 2015, un soir de semaine au Centre technique du TCS à Meyrin, j'assiste au cours sur les mises à jour de la loi sur la circulation routière (LCR). Je me retrouve avec une vingtaine de personnes pour écouter avec beaucoup d’attention Jean-Daniel Delessert et Jean-Michel Retfalvi. Instructeurs auprès de la section genevoise du TCS, ils forment un duo aguerri qui pendant 120 minutes expliquent avec calme et beaucoup de pédagogie les évolutions de la LCR. Avec le temps, tout doit être adapté. Des règles nouvelles apparaissent inévitablement. Il y a les giratoires à plusieurs voies, les limitations de vitesse aussi. Pourquoi sont-elles par exemple fixées à 50, 30 ou 20 km/h ? Autant de points que les deux experts peuvent expliquer avec détails et exemples à l’appui.

A la base, il faut se dire qu’il faut évoluer dans le trafic selon le principe de la confiance entre les différents usagers. Mais il est toujours utile de se rappeler l’existence de l’art 26 LCR, qui précise que chacun doit se comporter, dans la circulation, de manière à ne pas gêner ni mettre en danger ceux qui utilisent la route conformément aux règles établies. Enfin, il y a des règles simples qu’il n’est pas inutile de se remémorer. Ainsi, c’est toujours la signalisation aérienne qui prime sur le marquage au sol. Enfin, sur l’autoroute l’acronyme RTI (Rétroviseur – Tête – Indicateur) prend toute son importance. Il peut éviter un grand nombre de désagréments voire même des accidents. Et n’oublions pas l’intervalle minimum de deux secondes entre les véhicules qui se suivent, soit : 1 seconde pour la réaction et une seconde pour la sécurité !

A la fin de la prestation, les questions et réponses fusent. Le public se sent concerné, notamment par le durcissement de la loi et de la mise en vigueur échelonnée du programme Via Sicura. L’objectif de la Confédération est de s'assurer que seuls des conducteurs bien formés et capables de conduire se déplacent avec des véhicules

Après la théorie, pour ceux qui le désirent, il y a également la possibilité de participer au cours confiance. D’une durée de 4 heures, il est dispensé au centre de conduite du Plantin à Meyrin. Il permet de reprendre confiance sur la route, réviser les fondamentaux et maîtriser son véhicule dans différentes situations et en sécurité.

24/09/2014

Faisons le point sur la situation du trafic

Le credo du TCS Genève est toujours de faciliter la mobilité. Elle concerne tous les moyens de transport. Le président François Membrez fait le point.

Quels projets sont-ils susceptibles d’améliorer la mobilité à Genève aujourd’hui?

En l’absence d’infrastructures nouvelles, seules des mesures de gestion peuvent être prises. Il y a certes des projets, mais à long terme. En attendant, il faut agir. L’élargissement de l’autoroute de contournement ne produira ses effets qu’après 2025 quand le tronçon entre l’aéroport et Bernex puis Perly, en priorité 2, sera réalisé. A ce moment-là, les travaux de la traversée du lac devraient démarrer si les promesses faites durant la campagne précédant le vote du 28 septembre dernier sont tenues.  

A ce propos, comment interpréter le vote sur la traversée de la rade?

A notre sens ce projet a été jugé trop coûteux – indépendamment du financement possible – par rapport à ses effets bénéfiques considérés comme insuffisants. Dans ce contexte, la promesse d’une traversée du lac payée par la Confédération a joué un grand rôle 

Est-il donc si difficile d’investir dans les projets routiers à Genève?

Une coïncidence un peu malheureuse a voulu qu’à Fribourg le magnifique pont de la Poya ait été inauguré en grande pompe juste après le vote genevois. C’est un somptueux ouvrage d’art qui dévie la circulation du centre-ville et améliore la qualité de vie. Il a été réalisé avec un financement partiel de la Confédération et le solde par le canton. Mais il est vrai qu’il n’y a quasiment pas de dette cantonale à Fribourg. Sur ce point, il faut saluer les efforts du Conseil d’Etat genevois actuel qui s’est donné comme priorité de réduire la dette pour qu’elle ne pénalise pas les investissements. 

Certains disent que le message de la population genevoise le 28 septembre est qu’il ne faut plus de véhicules privés au centre. Qu’en pensez-vous?

Nous en doutons, car la traversée de la rade avait justement pour but de soulager le centre-ville du trafic de transit.  

Quelles mesures peuvent être prises maintenant?

Avant tout fluidifier le trafic, comme l’exige d’ailleurs la nouvelle constitution, ce qui diminue les nuisances. Et améliorer l’efficacité des transports publics. Il est possible de faire les deux. Le TCS a par exemple proposé en septembre 2013 que trois mesures concrètes et cohérentes entre-elles soient prises: la prolongation de la ligne du tram 18 jusqu’à Carouge, l’élargissement de la route des Acacias dans le sens sortie de ville et la remise à double sens de la rue de l’Ecole-de-Médecine où passait un bus pour Carouge auparavant. Ces mesures sont réalisées par conseiller d’Etat Luc Barthassat ou en voie de l’être. Il veut aussi promouvoir les ondes vertes, ce qui est positif. Mais il faudra encore revoir les aménagements des nouvelles lignes de tram. Ils sont souvent ratés et contre-productifs autant pour les trams que pour la circulation des automobiles. Et dans l’immédiat un recours à la bande d’arrêt d’urgence aux heures de pointe sur les tronçons autoroutiers est souhaitable. Cela fonctionne très bien entre Morges et l'échangeur de Villars-Ste-Croix, faisons-le à Genève. 

Et la priorité des transports publics sur les véhicules privés?

C’est déjà le cas aujourd’hui à tous les carrefours. Et les voies de bus sont généralisées. Les initiatives ou lois en ce sens sont inutiles. 

Peut-on imaginer d’aller plus loin en réduisant la part des véhicules privés sur certains tronçons?

Si c’est pour améliorer la vie des quartiers et des clients des commerces, dans le cadre de consultations qui sont réelles et non pas alibi, pourquoi pas. Mais il faut alors construire des parkings et favoriser les accès à ces parkings. Le but ne doit pas être la contrainte. Ce n’est pas la bonne façon de faire. Prendre les transports publics doit être motivé par un choix lié à l’attrait des bus et des trams. Globalement, toute restriction doit être simultanée avec des solutions de remplacement réelles. Le TCS tient beaucoup à ce principe de la simultanéité. Cela doit concerner aussi les places de stationnement. Il n’est pas possible d’en supprimer avant que de nouvelles soient crées en compensation, ce qui se voit trop souvent aujourd’hui. 

A propos de stationnement, qu’en est-il de la répression?

On assiste souvent à des pratiques proches du harcèlement qui sont inacceptables, notamment à l’égard des deux-roues motorisés ou dans les zones résidentielles le samedi par exemple. Et même dans des lieux ou des places ont été supprimées en raison de travaux. Le but ne doit pas être d’encaisser de l’argent, mais de contrôler le respect des règles de stationnement. Cela doit se faire avec du bon sens. 

D’autres mesures peu coûteuses sont-elles envisageables pour diminuer les bouchons?

Tout à fait et je pense notamment aux accidents n’ayant causé que des dégâts matériels. La priorité doit être donnée à l’évacuation rapide des véhicules, dans les 10 minutes. Il y a trop d’épisodes, notamment aux heures de pointe, où la gendarmerie tolère que les véhicules restent en place pendant les constats et les dépositions, ce qui empoisonne la vie de milliers de personnes. Des règles précises existent dans d’autres pays et on pourrait les appliquer à Genève. 

Pour revenir aux questions de circulation, peut-on faire plus pour éviter le trafic pendulaire venu de France?

Clairement oui. Parmi les 25 mesures que le TCS préconise figure l’augmentation conséquente des parkings relais tout au long de la frontière française. Il est possible de prendre des mesures qui ne nécessitent pas de travaux trop longs et coûteux. Car il y a ici urgence, surtout pour les cinq ans à venir, avant la mise en service du CEVA. 

Justement que faut-il attendre du CEVA?

Le futur RER du Grand Genève, que le TCS a soutenu dès le début, devrait améliorer la situation en ce qui concerne le trafic pendulaire. Mais il faudra absolument que les gares d’accès sur Vaud et en France, notamment la gare d’Annemasse, comptent de nombreux parkings. La France doit aussi construire des parkings d’échange aux extrémités de lignes de bus desservant la gare d’Annemasse. Et à Genève il faudra de bonnes interfaces avec le réseau TPG. Cela s’élabore en ce moment. 

Et les nouveaux ouvrages ?

Les routes qui convergent vers le centre et les axes qui permettent de contourner le cœur de l’agglomération sont surchargées. Il faudra de nouvelles routes ou de nouvelles dessertes et chacun en convient.
J'aimerais citer notamment celles autour des futurs Communaux d’Ambilly, des projets d’urbanisation à Veyrier, la future liaison Genève-Sud, la route des Nations, un tunnel sous le Grand-Saconnex. Et également de nouveaux échangeurs, que ce soit pour faciliter l’accès à l’autoroute ou la demi-jonction de Vernier-Canada qui doit permettre au trafic venant de Perly de quitter l’autoroute pour rejoindre la zone industrielle de Meyrin-Satigny. On parle aussi d’un nouvel échangeur qui devrait desservir Versoix. Notre brochure Mobilité 2030 dans le Grand Genève publiée en 2012 dévoile bien d’autres mesures, notamment de transport public. Dont naturellement la traversée du lac.

Quelles seront les prochaines étapes pour cette dernière?

Dans l’immédiat, dès lors qu’une initiative a été lancée, le TCS a décidé de soutenir la récolte des signatures. Durant la campagne sur la traversée de la rade, le conseiller d’Etat Luc Barthassat s’est engagé à ouvrir les travaux de la traversée du lac en 2025. Or l’expérience montre qu’une infrastructure de ce type nécessite environ 10 ans de procédures avant de voir les travaux démarrer: crédit d’étude, dépôt du dossier de demande d’autorisation de construire, étude d’impact sur l’environnement, sondages géologiques, procédure d’autorisation proprement dite, y compris les oppositions de tiers et les recours judiciaires, procédure parlementaire pour les différents crédits de construction si l’idée d’un préfinancement cantonal est maintenue. Cela signifie que c’est aujourd’hui que le processus doit débuter, indépendamment de l’avancement de l’initiative. 

25/09/2013

Constitution du Comité genevois au NON à la tromperie sur la vignette

STOP au détournement! Le Comité genevois « NON à la tromperie sur la vignette » est constitué. Fort d’un important soutien populaire, il entend canaliser en région genevoise l’opposition aux inepties propagées depuis quelques semaines par une partie de la classe politique manifestement aux antipodes de la réalité quotidienne des citoyens mobiles.

Réunis pour l’occasion sur les bords de lac Léman, quelques représentants du Comité genevois s’organisent pour démontrer que les partisans de ce projet multiplient les vaines promesses et menaces. Et que Genève a tout à perdre d’une hausse de la vignette, qui occasionnerait environ 12 millions de ponction supplémentaire dans les portemonnaie des citoyens du Canton, pour 0 francs effectivement alloués à des projets routiers cantonaux. En effet, pas un seul centime de la hausse du prix de la vignette n'ira aux importants renouvellements et aménagements du réseau autoroutier, comme par exemple entre Lausanne et Genève, ou pour l’élargissement du contournement de la ville. Les goulets d’étranglement sur les autoroutes ne seraient en aucun cas résorbés, bien au contraire. 

MM. Monney, Oberson, Di Gisi, Francey, Nidegger, Galletti, Jenni, Membrez, Debaillets
MM. Monney, Oberson, Di Gisi, Francey, Nidegger, Galletti, Jenni, Membrez, Debaillets

Aujourd’hui, 9,5 milliards de taxes sont déjà ponctionnés chaque année aux automobilistes, alors que seulement 3 sont attribués aux routes : avant de penser à augmenter encore la facture, il conviendrait d’abord de corriger ce détournement de 6,5 milliards. Et ce d’une manière très simple : en traitant enfin de manière égale le rail et la route. Comme préalable à toute discussion, le Comité genevois « NON à la tromperie sur la vignette » exige donc la création sans délai d’un fond routier inscrit dans la constitution, comme cela est déjà le cas pour le rail. 

Les partisans du NON à la vignette à 100 francs dénoncent également une hausse massive de 150% d’un coup, le fait qu’une hausse de la vignette n’aurait aucun effet sur les autoroutes, que les réserves actuelles dans le fonds d’infrastructures (3,8 milliards) sont suffisantes pour les projets prêts à être réalisés et que donc il est indécent de mettre le couteau sous la gorge des citoyens en leur affirmant qu’en cas de rejet de cette hausse c’est la qualité de notre réseau routier qui en pâtirait. En réalité, les genevois, comme la plupart des suisses, ne verraient pas la couleur de ce nouvel impôt déguisé. 

Chaque année, les automobilistes continueront de perdre 20’000 heures dans les bouchons. Le prix d’une telle perte de temps est, lui, bien réel. Partant du principe que les genevoises et genevois ne seront pas dupes de la propagande trompeuse d’une large frange de la classe politique, il recommande de voter NON à la Loi sur la vignette autoroutière le 24 novembre prochain.