30/08/2016

Appel au bon sens

Des mesures pragmatiques et de bon sens: voilà ce qu’attendent les usagers des transports à Genève, tous modes confondus. Or, que constate-t-on souvent ? Des chicaneries, des interdictions, des augmentations vertigineuses de prix ou encore des solutions compliquées, dont la mise en œuvre est ainsi retardée.

La Ville de Genève mérite la palme. Ces derniers temps, elle a réussi l’exploit d’interdire la présence des vélos en libre-service sur son domaine public (Velospot), de supprimer 66 places de stationnement de voitures sans création de places de remplacement et de s’opposer aux essais permettant aux deux-roues motorisés de rouler dans les voies de bus. Les deux premières tentatives ont heureusement été stoppées par des procédures judiciaires. Espérons qu’il en sera de même de la troisième!

Le TCS préconise que les mesures destinées à fluidifier la circulation soient pragmatiques et faciles à appliquer. Je vous invite à lire notre position en ce qui concerne ce sujet sensible des scooters dans les voies de bus. Les ondes vertes sont une autre bonne piste suivie par le DETA, mais elles restent encore insuffisamment mises en œuvre.

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Nous soutenons également la pétition qui invite le Procureur général à reconsidérer l’augmentation du tarif des contraventions. Décidée par lui seul l’année dernière, cette augmentation suscite de l’incompréhension et un sentiment d’injustice, car son fondement est inexpliqué. Avec les nouveaux émoluments qui s’ajoutent aux amendes envoyées par le Service des contraventions, la situation est devenue intenable. Ces émoluments sont en effet de 5 à 8 fois supérieurs à ceux d’avant 2014, malgré les gains de productivité de l’administration, lesquels auraient dû conduire à des baisses plutôt qu’à des hausses !

A l’inverse des décisions de certaines autorités, le résultat du vote du 5 juin dernier est très réjouissant et générateur d’espoir. La traversée du lac a en effet été plébiscitée par 62,8 % de la population. Ce score élevé oblige en particulier les élus, quel que soit leur parti, à choisir les meilleures options en vue d’une réalisation dans des délais raisonnables.

François Membrez, président

 

24/02/2016

Gare des Eaux-Vives

L’examen de l’autorisation de construire des deux premiers bâtiment a mis en évidence la suppression de places de stationnement de surface initialement prévue dans le Plan localisé de quartier. Une convention a été signée entre les riverains, la ville de Genève et les CFF précisant le nombre de place de stationnement de surface à prévoir.

Le TCS demande le respect de cette convention. 

Rue du commerce

La ville prévoit de piétonniser cette rue avec pour conséquence la suppression de 75 places deux-roues motorisés. Le TCS demande la compensation ou le maintien de ces places. Nous avons demandé un bilan du nombre de places deux-roues motorisés supprimées et créées en 2015 au centre-ville ainsi que les perspectives pour 2016. 

01/02/2016

Nos arguments entendus pour mieux compenser les places supprimées

Nous nous félicitons de la récente décision du Grand Conseil genevois du 28 janvier, de donner un cadre plus strict au principe de compensation des places de stationnement supprimées par des places déjà existantes.

Nous avons reçu souvent des plaintes d'usagers, remarquant que des places de stationnement, disparues durant des travaux par exemple, ne réapparaissaient jamais. Au fil du temps, des milliers de places de parcage ont été effacées des rues du canton.
Le principe de la compensation a été longuement débattu ces dernières années. Cela a commencé en 2011 par la votation d’une loi en la matière pas le Grand-Conseil. S’en sont suivies des discussions interminables pour la rédaction d'un règlement d’application par un comité paritaire dans lequel le TCS était impliqué. Or, celui-ci laissait trop de latitude à l'interprétation. Il était admis qu'un maximum de 1% du total des places de parcage disponibles pourrait être effacé de la surface, à savoir 220, tout en étant compensé. Cette compensation pouvait intervenir dans des parkings existants considérés comme pas assez occupés. On prenait en compte un taux d'occupation moyen égal ou supérieur à 80% entre 8 h et 18 h pour estimer que le parking était exclu de la compensation. Or depuis 2012, c’est uniquement en se basant sur cette marge de tolérance que l’autorité a «compensé» des places de parcage supprimées en surface sans qu'une compensation réelle ne soit créée. Le TCS a désapprouvé cette pratique et l'a fait savoir au Conseil d'Etat.

Finalement, le Grand Conseil a entériné courant janvier 2016 une nouvelle loi qui restreint ce genre de pratique. Le calcul, auparavant beaucoup trop large, change avec la nouvelle loi. Celle-ci prévoit que le taux d’occupation n'est plus calculé sur une base moyenne entre 8h et 18h, mais en prenant désormais en compte le taux d’occupation de l’heure la plus chargée de la journée. En clair, si le taux d’occupation de 80% est atteint au moins une fois dans la journée, alors le parking concerné est exclu de la liste des ouvrages permettant la compensation par des places existantes. Pour prendre un exemple concret, le square Pradier, où les places de stationnement devraient être supprimées, ne devrait pas pouvoir les compenser dans le parking de la gare Cornavin, dont le taux d'occupation risque d'être trop élevé pour cela. Il faudra alors un peu d'imagination et une utilisation plus rationnelle de la voirie pour créer d'autres places dans le quartier.

Autre évolution majeure: désormais, ce sont 110 places par an (soit 0,5% du total disponible), et non plus 220, qui sont susceptibles d’être compensées par des places existantes, dans des parkings disposant de réserves de capacité.
La nouvelle loi laisse cependant une certaine marge d’application, puisque ce taux de 80% peut néanmoins être dépassé jusqu’à 20 jours par an, pour faire face avec souplesse à des situations exceptionnelles, comme des événements impliquant une utilisation plus intense des parkings (Escalade, Fêtes de Noël, etc.).

Même si cela a pris du temps, nous réjouissons d'avoir insisté pour qu'une meilleure logique soit appliquée dans le stationnement des véhicules. C'est une victoire qui profite aux usagers.

28/01/2015

Suppression de places de stationnement à Genève : les autorités veulent passer la surmultipliée !

On aurait pu croire à une pacification de la situation, suite à la promulgation en mai 2012 de la loi sur le stationnement et la constitution d’un comité de suivi de la compensation. On aurait effectivement pu y croire. La réalité a malheureusement rapidement fait déchanter les porteurs d’une solution concertée et raisonnable.

A la base, la volonté affichée consistait à définir les conditions-cadre ouvrant la porte à la suppression de places de stationnement en surface en contrepartie de la création, en nombre égal, de places en en sous-sol. Le but recherché était limpide : cela permettait de créer des zones piétonnes cohérentes ou de libérer de l’espace afin d’assurer une meilleure fluidité du trafic. Depuis lors, que s’est-il passé ? Très simple : sur la base d'un règlement contestable ou même souvent arbitrairement, on supprime des places avec une compensation exclusivement dans des parkings existants, voire sans aucune compensation du tout. Des créations de nouvelles places ? Circulez (ou plutôt, continuez à chercher), il n’y a rien n’à voir.

Mais il y a pire : entre la lecture des projets publiés dans la Feuille d’Avis Officielle et les courriers des membres du TCS nous alertant sur des suppressions non mises à l’enquête - une spécialité de la ville de Genève, qui joue avec le fait que la suppression de marquages au sol n’est pas en principe pas soumise à une procédure publique – les dernières semaines témoignent d’une nette accélération de ce qu’il faut bien appeler un détournement de l’esprit de la loi. Jugez plutôt : entre les suppressions effectives ou projetées, on totalise désormais plus de 600 places condamnées à disparaître, ou à être compensées par des places au prix pour les habitants multiplié par 11, tout ceci dans un silence assourdissant ! La liste est longue mais tout le territoire est touché : Boulevard Emile-Jacque Dalcroze, Rive, Place de la Synagogue, Avenue de La Paix, Avenue de la Roseraie, Chemin Frank-Thomas, Avenue de la Gare des Eaux-Vives, Rue de Montbrillant etc, etc…

Dans ce contexte, les projets de loi 11409 et 11342 prochainement traités par le Grand-Conseil prennent toute leur signification. Il est en effet grand temps de préciser une loi sur le stationnement de toute évidence trop imprécise et ouvrant la voie aux dérives décrites ci-dessus.

François Membrez

Président TCS Genève