11/04/2016

Cinquante millions pour améliorer la fluidité et la sécurité c'est vraiment peu

50 millions de francs en faveur de la fluidité et de la sécurité. C’est en substance ce qu’ont annoncé conjointement en conférence de presse Luc Barthassat et Pierre Maudet. Les conseillers d’États en charge du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA) pour le premier et du département de la sécurité et de l’économie (DSE) pour le second, ont annoncé avoir déposé ensemble un projet de loi ouvrant un crédit d’investissement de quelques 50 millions de francs afin de pouvoir réaliser les mesures d’exploitation proposées par le Plan d’actions du réseau routier 2015-2018 (PARR). Ce dernier se présente comme un catalogue de 64 mesures opérationnelles, ciblées et réalistes. Luc Barthassat le qualifiant même de véritable « plan Marshall » pour Genève.

Nous ne pouvons que saluer cette annonce. Tout ce qui va dans le sens de l’amélioration de la circulation et de la mobilité à Genève est bon à prendre. Toutefois, pour que ce soit un vrai « plan Marshall », il est à regretter que la somme investie ne soit pas plus élevée. Certes, il y aura tout d’abord 32 millions de francs qui seront consacrés à l’élaboration et au déploiement d’une nouvelle stratégie de régulation lumineuse aux carrefours à feux. Pas moins de 175 carrefours à feux obsolètes seront ainsi renouvelés. Il y aura ensuite la création d’une Centrale régionale de gestion du trafic (CRGT). Un projet permettant une meilleure planification de la mobilité et gestion plus efficiente des incidents en temps réel sur le réseau routier de l’ensemble du canton. Ce projet s’élevant 14 millions de francs créera à terme une véritable tour de contrôle pour les différents services en charge de la mobilité et de la sécurité. Autant de points que le TCS ne peut qu’encourager.

Reste un bémol. Le montant demandé n’est pas très élevé. Surtout quand on le compare avec la somme qui a été divisée et qui sera investie pour la construction et la réalisation du dépôt TPG En Chardon. En effet, ce sont 329 millions de francs qui ont été alloués à la construction de ce dépôt. Cette allocation a d’ailleurs été formalisée par la loi PL10834 votée par le Grand Conseil le 22 mars 2012. Il est vrai, il était nécessaire d’avoir un nouveau dépôt. Cela dit, allouer une plus grande enveloppe pour améliorer le quotidien des genevois en termes de mobilité aurait été accueilli avec encore une plus grande joie !

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Prévention routière : l’inattention et la distraction au volant

Rien qu’en 2013, des automobilistes inattentifs ou distraits ont été coresponsables d’environ 13’000 accidents. En effet, ils sont nombreux à sous-estimer le fait que les activités secondaires comme écrire un SMS, téléphoner ou régler le GPS empêchent de maîtriser le véhicule. Le risque d’accident augmente. Par conséquent, par leur campagne « Garde les yeux sur la route », l’Association Suisse d’Assurances (ASA) et le Touring Club Suisse (TCS) encouragent les automobilistes à se concentrer sur la conduite. À Genève, cette opération est soutenue par la Police cantonale, qui était présente vendredi 8 avril à la sortie des écoles de Vernier et de Versoix, dans le but de sensibiliser de façon visuelle et sympathique une catégorie importante des automobilistes : les parents. 

Conduire une voiture requiert la plus grande concentration. Or, trop de conducteurs sont distraits de leur activité principale, la conduite, par des activités secondaires. C’est ce qu’a montré une enquête réalisée par la compagnie d’assurance Allianz en 2011, entre autres en Suisse: environ 40% des automobilistes téléphonaient en conduisant, 30% écrivaient ou lisaient des SMS ou des e-mails sur leur smartphone ou leur tablette et 50% ne réglaient leur destination sur le GPS qu’une fois en route. Le problème: en se laissant distraire, on se met en danger ainsi qu’autrui.

C’est ce que révèle également la statistique actuelle des accidents de l’Office fédéral des routes (OFROU): alors qu’il y a de moins en moins d’accidents sur les routes de Suisse, le nombre d’accidents causés par l’inattention et la distraction a légèrement augmenté entre 2012 et 2013. Si l’on prend comme base les accidents enregistrés par la police, des conductrices et conducteurs distraits ont été coresponsables de 13’023 accidents en 2013. L’inattention et la distraction font donc aujourd’hui partie des causes d’accidents les plus fréquentes. L’ASA et le TCS soulignent que même un très bon conducteur a toujours un risque d’accident élevé en cas de distraction. En effet, en cas de distraction, le temps de réaction s’allonge considérablement: de 30% à 50% par exemple si l’on téléphone ou écrit des SMS au volant.

Conduire en ayant conscience de ses responsabilités

Pour que la concentration sur la circulation routière reprenne la première place pour les automobilistes, l’ASA et le TCS ont lancé la campagne de prévention nationale financée par le Fonds de sécurité routière: « Garde les yeux sur la route ». Elle vise à sensibiliser la majorité des conducteurs aux dangers de la distraction au volant et à les motiver pour qu’ils portent leur entière attention sur la route lorsqu’ils conduisent. Cela signifie essentiellement d’utiliser les appareils d’infodivertissement se trouvant dans la voiture de manière responsable. C’est-à-dire: s’arrêter pour téléphoner, lire ou écrire un SMS, régler la musique ou le GPS avant de démarrer. De plus, la campagne motive les passagers ainsi que les appelants à ne pas tolérer la distraction au volant et à agir pour que la conductrice ou le conducteur ne soit pas distrait. 

Une campagne en mouvement

Le message de la campagne est simple: quand tu es distrait, personne ne conduit à ta place. Donc: garde les yeux sur la route. Visuellement, les stars de la campagne sont les yeux « Lefty » et « Righty ». Ces deux yeux ont un rêve: que ni eux, ni les yeux d’autres automobilistes ne soient plus jamais distraits au volant. Ils annoncent ce rêve dans un spot diffusé à la télévision et en ligne sur des portails d’information, sur facebook et sur le site internet de la campagne. Dans d’autres spots télévisés, « Lefty » et « Righty » jouent des situations de distraction typiques et montrent qu’il est plus sûr de ne pas se laisser distraire par des appareils d’infodivertissement.

Vendredi 8 avril, « Lefty » et « Righty » étaient de passage à la sortie des écoles de Vernier et de Versoix, accompagnés de la Brigade d’Education et de Prévention de la Police cantonale. Au travers de petites mises en scènes, les acteurs se sont attachés à sensibiliser les parents d’élèves venus chercher leur progéniture.

Garde les yeux sur la route

La distraction: l’une des causes d’accidents les plus fréquentes
Sur 53‘052 accidents qui se sont produits au total en 2013 sur les routes de Suisse, la distraction était la cause principale ou l’une des causes dans 13‘023 cas, dont 5‘035 cas avec dommages corporels. La distraction est donc coresponsable d’un accident sur quatre. En 2013, le nombre d’accidents dont la distraction était la cause principale ou l’une des causes a augmenté par rapport à 2012: plus 143 accidents. C’est ce que montrent les chiffres actuels de l’OFROU.

Application « Drive Mode »
Dans le cadre de la campagne, l’application « Drive Mode » a été élaborée pour aider les automobilistes: en activant ce mode, ils éteignent consciemment avant de démarrer toutes les fonctions de leur smartphone susceptibles de les déranger. Ils font ainsi preuve d’esprit de responsabilité sur la route car ils ne se laissent pas distraire par des appels, des SMS ou des e-mails au volant.
Informations et téléchargement de l’application « Drive Mode »: garde-les-yeux-sur-la-route.ch

Indication pour la rédaction:
L’Association Suisse d’Assurances ASA est l’organisation faîtière de l’assurance privée. L’ASA compte 74 petites et grandes compagnies d’assurances directes et de réassurance à envergure nationale ou internationale employant plus de 49 000 collaboratrices et collaborateurs en Suisse. Plus de 93% des primes encaissées sur le marché suisse par les assureurs privés le sont par des sociétés membres de l’ASA.

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24/02/2016

Gare des Eaux-Vives

L’examen de l’autorisation de construire des deux premiers bâtiment a mis en évidence la suppression de places de stationnement de surface initialement prévue dans le Plan localisé de quartier. Une convention a été signée entre les riverains, la ville de Genève et les CFF précisant le nombre de place de stationnement de surface à prévoir.

Le TCS demande le respect de cette convention. 

Rue du commerce

La ville prévoit de piétonniser cette rue avec pour conséquence la suppression de 75 places deux-roues motorisés. Le TCS demande la compensation ou le maintien de ces places. Nous avons demandé un bilan du nombre de places deux-roues motorisés supprimées et créées en 2015 au centre-ville ainsi que les perspectives pour 2016. 

23/02/2016

Aptitude à conduire: quels critères?

Comme le relevait un peu cyniquement un commentateur lors d'une récente émission de télévision, tous les vieux ne sont pas dangereux au volant, mais certains oui...Reste à identifier lesquels!

En Suisse on compte près de 900 000 personnes âgées de plus de 70 ans, plus de 40% ont un permis de conduire et l’on peut tabler sur une augmentation de ce nombre au cours des prochains lustres. On le sait, à partir de cet âge, celles et ceux qui souhaitent continuer de conduire sont soumis à un examen médical tous les deux ans. À Genève, pratiqué par des médecins agréés par l’Office cantonal des véhicules et dûment formés à cet effet, cet examen porte sur des aptitudes physiques et mentales censées être essentielles à la conduite d’un véhicule et aux responsabilités que cela implique. 

D'autres critères?

Dans les faits, on entend souvent dire, y compris par des personnes qui l’ont subi, que cet examen est un peu «léger»: la vue, l’ouïe, une certaine mobilité générale et évidemment l’absence de signes d’une incapacité psychique pour ne pas parler de démence. La possible extension de la liste des praticiens aujourd’hui agréés aux médecins de famille avive la crainte d’un examen laxiste, trop bienveillant, notamment parce qu’il est bien difficile pour un praticien de dire à son patient qu’il doit renoncer à sa voiture. En revanche, le «médecin de famille» a souvent une très bonne connaissance de la santé physique et mentale, des antécédents et des dispositions de son patient, qui ne saurait lui cacher ce qui n’apparaîtra peut-être pas dans une consultation ad hoc occasionnelle. Il peut aussi le conseiller mieux que ne le ferait un «étranger».
Un lecteur nous a écrit récemment pour nous dire qu’ayant passé pour la première fois cette visite médicale, il considérait «qu’il s’agit d’une simple formalité, certes pas tout à fait inutile, mais complètement éloignée de la réalité». Et d’ajouter qu’il a depuis longtemps identifié «plusieurs comportements typiques de conducteurs âgés qui ne devraient plus conduire»… et dont il nous livre la liste:
 

  1. Circuler sur une route large lentement sans raisons et très (trop) à droite.
  2. Stationner ou manœuvrer difficilement.
  3. Donner manifestement trop de gaz et faire patiner l'embrayage sans vraiment bouger.
  4. Ne plus être capable de conduire n'importe quelle voiture après quelques minutes ou kilomètres d'adaptation.
  5. Ne plus vouloir conduire une autre voiture que la sienne.
  6.  Ne plus envisager d'en changer.

Pas déterminants

Certes nous avons déjà tous observé, de près ou de loin, ce type de comportements, dont les trois derniers en tout cas relèvent du même phénomène: une plus grande difficulté à s’adapter au changement. Cela ne vaut d’ailleurs pas que pour la conduite d’une automobile: alors que des enfants de 5 ou 6 ans nous émerveillent ou nous consternent – c’est selon! – par leur faculté à maîtriser des jouets inspirés par les technologies informatiques voire les téléphones portables de leurs parents, bien des aînés ont besoin de plusieurs jours d’intense méditation pour atteindre le même résultat… quand ils y parviennent.
Faut-il pour autant faire de ces comportements des critères d’aptitude à la conduite d’une automobile? Nous ne le pensons pas et pour diverses raisons.
Les signes dont il est question ci-dessus sont évidemment révélateurs, mais moins objectifs et à nos yeux moins déterminants que des critères comme la vue, une certaine souplesse physique et l’aptitude à concentrer son attention sur la route et le trafic.
D’autre part, ces observations devraient relever d’autres milieux que le corps médical, auquel on ne saurait demander de placer ces patients en situation pratique. Il y faudrait au moins un simulateur de conduite, au mieux un examen de terrain. Alors quoi? Obliger tous les seniors à faire tous les deux ans dans la septantaine puis chaque année à partir de 80 ans un parcours routier avec un moniteur d’auto-école ou un collaborateur de l’Office cantonal des véhicules? Voilà qui semble un peu illusoire.
Et puis, les aînés au volant ne sont sûrement pas les seuls à conduire lentement sur une route dégagée, à ne pas être très à l’aise dans un créneau de stationnement, à faire patiner leur embrayage au démarrage, à appréhender un peu un changement de véhicule. On pourrait y ajouter notamment les comportements dans les giratoires, sur l’autoroute ou dans les parkings souterrains…

Une "dangerosité" à relativiser

Pour reprendre le constat cynique sur lequel s’est ouvert ces lignes, un durcissement se justifierait peut-être si la majorité des seniors étaient à l’évidence des dangers publics. Or la statistique révèle que les plus de 70 ans n’apparaissent que dans 7% des accidents de la route… et souvent dans des circonstances qui ne suscitent pas de commentaires particuliers lorsqu’ils sont le fait de conducteurs plus jeunes.
Dès lors, sauf à vouloir balayer l’essentiel des conducteurs âgés du trafic, ce qu’il faut s’efforcer de déceler, ce sont d’abord les causes d’une réelle inaptitude. A l’heure actuelle, aucun examen spécifique ne permet d’évaluer avec certitude l’aptitude à la conduite. Mais l’autorité n’est pas totalement démunie pour autant. Dans certains cas, lorsque l’examen médical ne permet pas de poser un jugement définitif, d’autres évaluations peuvent être considérées comme nécessaires et il est alors procédé à des tests psychotechniques et à des examens confiés à un neuropsychologue, inspirés de ceux qui sont utilisés pour diagnostiquer les démences séniles.
Au vu du degré objectif d’insécurité que présentent les seniors au volant, nous pensons que la vigilance et l’arsenal actuels permettent d’éviter l’essentiel des risques intrinsèques. Reste aussi le sens des responsabilités qui les amène par eux-mêmes ou, comme le suggère notre lecteur, sur la recommandation de leur entourage, à renoncer à conduire ou à se limiter à des trajets où le risque est encore réduit. Si l’observation et la statistique devaient un jour montrer, par exemple au gré d’un sensible allongement de l’espérance de vie, que ce risque augmente, il serait temps de mettre sur pied de nouvelles dispositions.

Didier Fleck

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