11/04/2016

Prévention routière : l’inattention et la distraction au volant

Rien qu’en 2013, des automobilistes inattentifs ou distraits ont été coresponsables d’environ 13’000 accidents. En effet, ils sont nombreux à sous-estimer le fait que les activités secondaires comme écrire un SMS, téléphoner ou régler le GPS empêchent de maîtriser le véhicule. Le risque d’accident augmente. Par conséquent, par leur campagne « Garde les yeux sur la route », l’Association Suisse d’Assurances (ASA) et le Touring Club Suisse (TCS) encouragent les automobilistes à se concentrer sur la conduite. À Genève, cette opération est soutenue par la Police cantonale, qui était présente vendredi 8 avril à la sortie des écoles de Vernier et de Versoix, dans le but de sensibiliser de façon visuelle et sympathique une catégorie importante des automobilistes : les parents. 

Conduire une voiture requiert la plus grande concentration. Or, trop de conducteurs sont distraits de leur activité principale, la conduite, par des activités secondaires. C’est ce qu’a montré une enquête réalisée par la compagnie d’assurance Allianz en 2011, entre autres en Suisse: environ 40% des automobilistes téléphonaient en conduisant, 30% écrivaient ou lisaient des SMS ou des e-mails sur leur smartphone ou leur tablette et 50% ne réglaient leur destination sur le GPS qu’une fois en route. Le problème: en se laissant distraire, on se met en danger ainsi qu’autrui.

C’est ce que révèle également la statistique actuelle des accidents de l’Office fédéral des routes (OFROU): alors qu’il y a de moins en moins d’accidents sur les routes de Suisse, le nombre d’accidents causés par l’inattention et la distraction a légèrement augmenté entre 2012 et 2013. Si l’on prend comme base les accidents enregistrés par la police, des conductrices et conducteurs distraits ont été coresponsables de 13’023 accidents en 2013. L’inattention et la distraction font donc aujourd’hui partie des causes d’accidents les plus fréquentes. L’ASA et le TCS soulignent que même un très bon conducteur a toujours un risque d’accident élevé en cas de distraction. En effet, en cas de distraction, le temps de réaction s’allonge considérablement: de 30% à 50% par exemple si l’on téléphone ou écrit des SMS au volant.

Conduire en ayant conscience de ses responsabilités

Pour que la concentration sur la circulation routière reprenne la première place pour les automobilistes, l’ASA et le TCS ont lancé la campagne de prévention nationale financée par le Fonds de sécurité routière: « Garde les yeux sur la route ». Elle vise à sensibiliser la majorité des conducteurs aux dangers de la distraction au volant et à les motiver pour qu’ils portent leur entière attention sur la route lorsqu’ils conduisent. Cela signifie essentiellement d’utiliser les appareils d’infodivertissement se trouvant dans la voiture de manière responsable. C’est-à-dire: s’arrêter pour téléphoner, lire ou écrire un SMS, régler la musique ou le GPS avant de démarrer. De plus, la campagne motive les passagers ainsi que les appelants à ne pas tolérer la distraction au volant et à agir pour que la conductrice ou le conducteur ne soit pas distrait. 

Une campagne en mouvement

Le message de la campagne est simple: quand tu es distrait, personne ne conduit à ta place. Donc: garde les yeux sur la route. Visuellement, les stars de la campagne sont les yeux « Lefty » et « Righty ». Ces deux yeux ont un rêve: que ni eux, ni les yeux d’autres automobilistes ne soient plus jamais distraits au volant. Ils annoncent ce rêve dans un spot diffusé à la télévision et en ligne sur des portails d’information, sur facebook et sur le site internet de la campagne. Dans d’autres spots télévisés, « Lefty » et « Righty » jouent des situations de distraction typiques et montrent qu’il est plus sûr de ne pas se laisser distraire par des appareils d’infodivertissement.

Vendredi 8 avril, « Lefty » et « Righty » étaient de passage à la sortie des écoles de Vernier et de Versoix, accompagnés de la Brigade d’Education et de Prévention de la Police cantonale. Au travers de petites mises en scènes, les acteurs se sont attachés à sensibiliser les parents d’élèves venus chercher leur progéniture.

Garde les yeux sur la route

La distraction: l’une des causes d’accidents les plus fréquentes
Sur 53‘052 accidents qui se sont produits au total en 2013 sur les routes de Suisse, la distraction était la cause principale ou l’une des causes dans 13‘023 cas, dont 5‘035 cas avec dommages corporels. La distraction est donc coresponsable d’un accident sur quatre. En 2013, le nombre d’accidents dont la distraction était la cause principale ou l’une des causes a augmenté par rapport à 2012: plus 143 accidents. C’est ce que montrent les chiffres actuels de l’OFROU.

Application « Drive Mode »
Dans le cadre de la campagne, l’application « Drive Mode » a été élaborée pour aider les automobilistes: en activant ce mode, ils éteignent consciemment avant de démarrer toutes les fonctions de leur smartphone susceptibles de les déranger. Ils font ainsi preuve d’esprit de responsabilité sur la route car ils ne se laissent pas distraire par des appels, des SMS ou des e-mails au volant.
Informations et téléchargement de l’application « Drive Mode »: garde-les-yeux-sur-la-route.ch

Indication pour la rédaction:
L’Association Suisse d’Assurances ASA est l’organisation faîtière de l’assurance privée. L’ASA compte 74 petites et grandes compagnies d’assurances directes et de réassurance à envergure nationale ou internationale employant plus de 49 000 collaboratrices et collaborateurs en Suisse. Plus de 93% des primes encaissées sur le marché suisse par les assureurs privés le sont par des sociétés membres de l’ASA.

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24/02/2016

Gare des Eaux-Vives

L’examen de l’autorisation de construire des deux premiers bâtiment a mis en évidence la suppression de places de stationnement de surface initialement prévue dans le Plan localisé de quartier. Une convention a été signée entre les riverains, la ville de Genève et les CFF précisant le nombre de place de stationnement de surface à prévoir.

Le TCS demande le respect de cette convention. 

Rue du commerce

La ville prévoit de piétonniser cette rue avec pour conséquence la suppression de 75 places deux-roues motorisés. Le TCS demande la compensation ou le maintien de ces places. Nous avons demandé un bilan du nombre de places deux-roues motorisés supprimées et créées en 2015 au centre-ville ainsi que les perspectives pour 2016. 

23/02/2016

Aptitude à conduire: quels critères?

Comme le relevait un peu cyniquement un commentateur lors d'une récente émission de télévision, tous les vieux ne sont pas dangereux au volant, mais certains oui...Reste à identifier lesquels!

En Suisse on compte près de 900 000 personnes âgées de plus de 70 ans, plus de 40% ont un permis de conduire et l’on peut tabler sur une augmentation de ce nombre au cours des prochains lustres. On le sait, à partir de cet âge, celles et ceux qui souhaitent continuer de conduire sont soumis à un examen médical tous les deux ans. À Genève, pratiqué par des médecins agréés par l’Office cantonal des véhicules et dûment formés à cet effet, cet examen porte sur des aptitudes physiques et mentales censées être essentielles à la conduite d’un véhicule et aux responsabilités que cela implique. 

D'autres critères?

Dans les faits, on entend souvent dire, y compris par des personnes qui l’ont subi, que cet examen est un peu «léger»: la vue, l’ouïe, une certaine mobilité générale et évidemment l’absence de signes d’une incapacité psychique pour ne pas parler de démence. La possible extension de la liste des praticiens aujourd’hui agréés aux médecins de famille avive la crainte d’un examen laxiste, trop bienveillant, notamment parce qu’il est bien difficile pour un praticien de dire à son patient qu’il doit renoncer à sa voiture. En revanche, le «médecin de famille» a souvent une très bonne connaissance de la santé physique et mentale, des antécédents et des dispositions de son patient, qui ne saurait lui cacher ce qui n’apparaîtra peut-être pas dans une consultation ad hoc occasionnelle. Il peut aussi le conseiller mieux que ne le ferait un «étranger».
Un lecteur nous a écrit récemment pour nous dire qu’ayant passé pour la première fois cette visite médicale, il considérait «qu’il s’agit d’une simple formalité, certes pas tout à fait inutile, mais complètement éloignée de la réalité». Et d’ajouter qu’il a depuis longtemps identifié «plusieurs comportements typiques de conducteurs âgés qui ne devraient plus conduire»… et dont il nous livre la liste:
 

  1. Circuler sur une route large lentement sans raisons et très (trop) à droite.
  2. Stationner ou manœuvrer difficilement.
  3. Donner manifestement trop de gaz et faire patiner l'embrayage sans vraiment bouger.
  4. Ne plus être capable de conduire n'importe quelle voiture après quelques minutes ou kilomètres d'adaptation.
  5. Ne plus vouloir conduire une autre voiture que la sienne.
  6.  Ne plus envisager d'en changer.

Pas déterminants

Certes nous avons déjà tous observé, de près ou de loin, ce type de comportements, dont les trois derniers en tout cas relèvent du même phénomène: une plus grande difficulté à s’adapter au changement. Cela ne vaut d’ailleurs pas que pour la conduite d’une automobile: alors que des enfants de 5 ou 6 ans nous émerveillent ou nous consternent – c’est selon! – par leur faculté à maîtriser des jouets inspirés par les technologies informatiques voire les téléphones portables de leurs parents, bien des aînés ont besoin de plusieurs jours d’intense méditation pour atteindre le même résultat… quand ils y parviennent.
Faut-il pour autant faire de ces comportements des critères d’aptitude à la conduite d’une automobile? Nous ne le pensons pas et pour diverses raisons.
Les signes dont il est question ci-dessus sont évidemment révélateurs, mais moins objectifs et à nos yeux moins déterminants que des critères comme la vue, une certaine souplesse physique et l’aptitude à concentrer son attention sur la route et le trafic.
D’autre part, ces observations devraient relever d’autres milieux que le corps médical, auquel on ne saurait demander de placer ces patients en situation pratique. Il y faudrait au moins un simulateur de conduite, au mieux un examen de terrain. Alors quoi? Obliger tous les seniors à faire tous les deux ans dans la septantaine puis chaque année à partir de 80 ans un parcours routier avec un moniteur d’auto-école ou un collaborateur de l’Office cantonal des véhicules? Voilà qui semble un peu illusoire.
Et puis, les aînés au volant ne sont sûrement pas les seuls à conduire lentement sur une route dégagée, à ne pas être très à l’aise dans un créneau de stationnement, à faire patiner leur embrayage au démarrage, à appréhender un peu un changement de véhicule. On pourrait y ajouter notamment les comportements dans les giratoires, sur l’autoroute ou dans les parkings souterrains…

Une "dangerosité" à relativiser

Pour reprendre le constat cynique sur lequel s’est ouvert ces lignes, un durcissement se justifierait peut-être si la majorité des seniors étaient à l’évidence des dangers publics. Or la statistique révèle que les plus de 70 ans n’apparaissent que dans 7% des accidents de la route… et souvent dans des circonstances qui ne suscitent pas de commentaires particuliers lorsqu’ils sont le fait de conducteurs plus jeunes.
Dès lors, sauf à vouloir balayer l’essentiel des conducteurs âgés du trafic, ce qu’il faut s’efforcer de déceler, ce sont d’abord les causes d’une réelle inaptitude. A l’heure actuelle, aucun examen spécifique ne permet d’évaluer avec certitude l’aptitude à la conduite. Mais l’autorité n’est pas totalement démunie pour autant. Dans certains cas, lorsque l’examen médical ne permet pas de poser un jugement définitif, d’autres évaluations peuvent être considérées comme nécessaires et il est alors procédé à des tests psychotechniques et à des examens confiés à un neuropsychologue, inspirés de ceux qui sont utilisés pour diagnostiquer les démences séniles.
Au vu du degré objectif d’insécurité que présentent les seniors au volant, nous pensons que la vigilance et l’arsenal actuels permettent d’éviter l’essentiel des risques intrinsèques. Reste aussi le sens des responsabilités qui les amène par eux-mêmes ou, comme le suggère notre lecteur, sur la recommandation de leur entourage, à renoncer à conduire ou à se limiter à des trajets où le risque est encore réduit. Si l’observation et la statistique devaient un jour montrer, par exemple au gré d’un sensible allongement de l’espérance de vie, que ce risque augmente, il serait temps de mettre sur pied de nouvelles dispositions.

Didier Fleck

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Les incivilités à vélo à Genève, vrai ou faux ?

Daniel Herrmann, capitaine à la police genevoise est responsable des brigades routières et prévention du canton de Genève (BRP).

Daniel Herrmann, capitaine à la police genevoise est responsable des brigades routières et prévention du canton de Genève (BRP). Il constate une augmentation du nombre de cyclistes, mais malheureusement ils ne deviennent pas plus respectueux. A vélo, si on ne respecte pas les règles, on devient vite un danger pour soi-même et pour les autres. Les dangers ne sont souvent pas perçus ou mal évalués. Insouciance, distraction et non-respect des règles de circulation figurent parmi les principales causes d’accident. 

- Lors de la dernière Critical Mass la police genevoise a amendé un certain nombre de cyclistes car ils pédalaient sans éclairage. Y-a-t-il beaucoup de contrevenants à ce genre de faits ?

En effet, lors de la dernière Critical Mass nous avons amendé certain cyclistes car ils n’étaient pas bien équipés. D’une manière générale, il y a des personnes qui sont bien équipées. Ils portent des vêtements voyants dans le noir avec des bandes réfléchissantes sur le casque et sur les vêtements assurant qu’elles soient repérées à temps. En outre, leur éclairage est adéquat. Rappelons juste que de nuit et dans les tunnels, les cyclistes doivent se munir d’un bon éclairage. La lumière doit être blanche à l’avant et rouge à l’arrière. Si le vélo n’a pas de dynamo, le cycliste doit se procurer un kit d’éclairage amovible. Par ailleurs, le cycliste est plus vulnérable que les autres usagers, car il est silencieux. Il est donc obligatoire d’équiper son vélo d’une sonnette ou d’un klaxon bien audible. La sonnette permet au cycliste de prévenir les autres usagers de la route de sa présence. Pourtant, il y a aussi trop souvent un grand nombre de cyclistes qui ne sont pas bien équipés.  

- Les incivilités à vélo sont-elles devenues plus importantes à Genève ?

Aujourd’hui, le nombre de cyclistes a augmenté à Genève. Mais malheureusement les gens ne deviennent pas plus respectueux. Nous avons effectué, l’année dernière, deux semaines d’actions spécialement dévolues aux cyclistes. L’une en septembre et l’autre en novembre. C’est une action, nommée «PréDiRe cycliste» créée en 2013 pour faire face à l’augmentation du nombre de pratiquants de la petite reine. Pour l'occasion, des agents enfourchent une bicyclette pour être plus mobiles et passent de carrefours en carrefours une demi-journée par quartier. L’objectif est de rappeler les règles élémentaires de conduite en vélo et, éventuellement, amender les contrevenants. 

- Comment faut-il régler le problème de la cohabitation entre cyclistes et piétons quand il n'y a pas de piste réservée ?

C’est assez simple, lorsqu’il n’y a pas de piste réservée, les cyclistes doivent tout simplement accorder la priorité aux piétons. Rappelons tout de même que les trottoirs ne sont pas des pistes cyclables. Reste que d’une manière générale nous allons au-devant d’une problématique qui va en grandissant, notamment avec l’augmentation du nombre de vélos électrique. 

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