01/11/2016

Les voitures autonomes...une solution pour la circulation à Genève ?

Les voitures autonomes feront probablement leurs premières apparitions sur nos routes dans une dizaine d’années. Faut-il s’en réjouir? La question reste largement ouverte tant les bouleversements pour notre société seront importants, comme dans beaucoup d’autres domaines où la robotisation s’annonce.

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Une chose est certaine cependant: les voitures autonomes ne résoudront pas les encombrements routiers que connaît Genève, fruits des absences d’anticipation de nos gouvernants précédents. Avant la traversée du lac dont la réalisation est impérieuse afin de libérer le centre-ville du trafic de transit, avant la construction de routes d’évitement de certains quartiers et villages, avant enfin la suppression des obstacles et signalisations inadéquats qui jalonnent certains axes de transit, ce sont des colonnes à l'arrêt de voitures autonomes qui se préparent. Le TCS maintiendra donc ses efforts pour qu’évolue de manière satisfaisante la mobilité à Genève.

S’il est un domaine où l’automatisation pourrait éventuellement être la bienvenue, c’est dans celui de la lutte contre les incivilités. Les logiciels seront évidemment programmés pour que les voitures autonomes roulent de manière raisonnable. Il restera certes les comportements problématiques de certains cyclistes et conducteurs de deux-roues motorisés, mais, globalement, les excès de vitesse et dépassements dangereux, de même que les refus de priorité, devraient disparaître.

Ce constat est cependant assez terrifiant puisqu’il signifie que la machine ferait mieux que l’homme, lequel est pourtant bon par nature, avant l’émergence de la société, comme nous l’enseigne Rousseau. Il est donc temps d’agir, au moins à notre échelle. Par exemple, au lieu d’engager tant et plus d’agents pour le contrôle du stationnement, qui traquent sans relâche ceux qui ont cinq minutes de retard par rapport à leur ticket de parcomètre, pourquoi ne pas consacrer ces forces à la prévention des incivilités? Alors peut-être celles-ci, qui nuisent à la sécurité et à la vie en société, diminueront-elles grâce aux effets conjugués de l’éducation et de la prévention, au point que nous n’aurions pas besoin… des voitures autonomes!

François Membrez

24/06/2016

Les 8P à l'honneur: un prix qui récompense 8 années d'apprentissage

sécurité routière, prévention routière, bep, tcs, éducation routièreJeudi 23 juin 18h30, le soleil fait honneur aux stars du jour: les 8P sélectionnés pour la finale scolaire genevoise d'éducation routière. Les quelque 420 juniors accompagnés de leur famille attendent impatiemment les résultats du concours. Qui a gagné les trois premiers prix remis par la Brigade d'éducation et de prévention ?

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11/04/2016

Prévention routière : l’inattention et la distraction au volant

Rien qu’en 2013, des automobilistes inattentifs ou distraits ont été coresponsables d’environ 13’000 accidents. En effet, ils sont nombreux à sous-estimer le fait que les activités secondaires comme écrire un SMS, téléphoner ou régler le GPS empêchent de maîtriser le véhicule. Le risque d’accident augmente. Par conséquent, par leur campagne « Garde les yeux sur la route », l’Association Suisse d’Assurances (ASA) et le Touring Club Suisse (TCS) encouragent les automobilistes à se concentrer sur la conduite. À Genève, cette opération est soutenue par la Police cantonale, qui était présente vendredi 8 avril à la sortie des écoles de Vernier et de Versoix, dans le but de sensibiliser de façon visuelle et sympathique une catégorie importante des automobilistes : les parents. 

Conduire une voiture requiert la plus grande concentration. Or, trop de conducteurs sont distraits de leur activité principale, la conduite, par des activités secondaires. C’est ce qu’a montré une enquête réalisée par la compagnie d’assurance Allianz en 2011, entre autres en Suisse: environ 40% des automobilistes téléphonaient en conduisant, 30% écrivaient ou lisaient des SMS ou des e-mails sur leur smartphone ou leur tablette et 50% ne réglaient leur destination sur le GPS qu’une fois en route. Le problème: en se laissant distraire, on se met en danger ainsi qu’autrui.

C’est ce que révèle également la statistique actuelle des accidents de l’Office fédéral des routes (OFROU): alors qu’il y a de moins en moins d’accidents sur les routes de Suisse, le nombre d’accidents causés par l’inattention et la distraction a légèrement augmenté entre 2012 et 2013. Si l’on prend comme base les accidents enregistrés par la police, des conductrices et conducteurs distraits ont été coresponsables de 13’023 accidents en 2013. L’inattention et la distraction font donc aujourd’hui partie des causes d’accidents les plus fréquentes. L’ASA et le TCS soulignent que même un très bon conducteur a toujours un risque d’accident élevé en cas de distraction. En effet, en cas de distraction, le temps de réaction s’allonge considérablement: de 30% à 50% par exemple si l’on téléphone ou écrit des SMS au volant.

Conduire en ayant conscience de ses responsabilités

Pour que la concentration sur la circulation routière reprenne la première place pour les automobilistes, l’ASA et le TCS ont lancé la campagne de prévention nationale financée par le Fonds de sécurité routière: « Garde les yeux sur la route ». Elle vise à sensibiliser la majorité des conducteurs aux dangers de la distraction au volant et à les motiver pour qu’ils portent leur entière attention sur la route lorsqu’ils conduisent. Cela signifie essentiellement d’utiliser les appareils d’infodivertissement se trouvant dans la voiture de manière responsable. C’est-à-dire: s’arrêter pour téléphoner, lire ou écrire un SMS, régler la musique ou le GPS avant de démarrer. De plus, la campagne motive les passagers ainsi que les appelants à ne pas tolérer la distraction au volant et à agir pour que la conductrice ou le conducteur ne soit pas distrait. 

Une campagne en mouvement

Le message de la campagne est simple: quand tu es distrait, personne ne conduit à ta place. Donc: garde les yeux sur la route. Visuellement, les stars de la campagne sont les yeux « Lefty » et « Righty ». Ces deux yeux ont un rêve: que ni eux, ni les yeux d’autres automobilistes ne soient plus jamais distraits au volant. Ils annoncent ce rêve dans un spot diffusé à la télévision et en ligne sur des portails d’information, sur facebook et sur le site internet de la campagne. Dans d’autres spots télévisés, « Lefty » et « Righty » jouent des situations de distraction typiques et montrent qu’il est plus sûr de ne pas se laisser distraire par des appareils d’infodivertissement.

Vendredi 8 avril, « Lefty » et « Righty » étaient de passage à la sortie des écoles de Vernier et de Versoix, accompagnés de la Brigade d’Education et de Prévention de la Police cantonale. Au travers de petites mises en scènes, les acteurs se sont attachés à sensibiliser les parents d’élèves venus chercher leur progéniture.

Garde les yeux sur la route

La distraction: l’une des causes d’accidents les plus fréquentes
Sur 53‘052 accidents qui se sont produits au total en 2013 sur les routes de Suisse, la distraction était la cause principale ou l’une des causes dans 13‘023 cas, dont 5‘035 cas avec dommages corporels. La distraction est donc coresponsable d’un accident sur quatre. En 2013, le nombre d’accidents dont la distraction était la cause principale ou l’une des causes a augmenté par rapport à 2012: plus 143 accidents. C’est ce que montrent les chiffres actuels de l’OFROU.

Application « Drive Mode »
Dans le cadre de la campagne, l’application « Drive Mode » a été élaborée pour aider les automobilistes: en activant ce mode, ils éteignent consciemment avant de démarrer toutes les fonctions de leur smartphone susceptibles de les déranger. Ils font ainsi preuve d’esprit de responsabilité sur la route car ils ne se laissent pas distraire par des appels, des SMS ou des e-mails au volant.
Informations et téléchargement de l’application « Drive Mode »: garde-les-yeux-sur-la-route.ch

Indication pour la rédaction:
L’Association Suisse d’Assurances ASA est l’organisation faîtière de l’assurance privée. L’ASA compte 74 petites et grandes compagnies d’assurances directes et de réassurance à envergure nationale ou internationale employant plus de 49 000 collaboratrices et collaborateurs en Suisse. Plus de 93% des primes encaissées sur le marché suisse par les assureurs privés le sont par des sociétés membres de l’ASA.

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23/02/2016

Aptitude à conduire: quels critères?

Comme le relevait un peu cyniquement un commentateur lors d'une récente émission de télévision, tous les vieux ne sont pas dangereux au volant, mais certains oui...Reste à identifier lesquels!

En Suisse on compte près de 900 000 personnes âgées de plus de 70 ans, plus de 40% ont un permis de conduire et l’on peut tabler sur une augmentation de ce nombre au cours des prochains lustres. On le sait, à partir de cet âge, celles et ceux qui souhaitent continuer de conduire sont soumis à un examen médical tous les deux ans. À Genève, pratiqué par des médecins agréés par l’Office cantonal des véhicules et dûment formés à cet effet, cet examen porte sur des aptitudes physiques et mentales censées être essentielles à la conduite d’un véhicule et aux responsabilités que cela implique. 

D'autres critères?

Dans les faits, on entend souvent dire, y compris par des personnes qui l’ont subi, que cet examen est un peu «léger»: la vue, l’ouïe, une certaine mobilité générale et évidemment l’absence de signes d’une incapacité psychique pour ne pas parler de démence. La possible extension de la liste des praticiens aujourd’hui agréés aux médecins de famille avive la crainte d’un examen laxiste, trop bienveillant, notamment parce qu’il est bien difficile pour un praticien de dire à son patient qu’il doit renoncer à sa voiture. En revanche, le «médecin de famille» a souvent une très bonne connaissance de la santé physique et mentale, des antécédents et des dispositions de son patient, qui ne saurait lui cacher ce qui n’apparaîtra peut-être pas dans une consultation ad hoc occasionnelle. Il peut aussi le conseiller mieux que ne le ferait un «étranger».
Un lecteur nous a écrit récemment pour nous dire qu’ayant passé pour la première fois cette visite médicale, il considérait «qu’il s’agit d’une simple formalité, certes pas tout à fait inutile, mais complètement éloignée de la réalité». Et d’ajouter qu’il a depuis longtemps identifié «plusieurs comportements typiques de conducteurs âgés qui ne devraient plus conduire»… et dont il nous livre la liste:
 

  1. Circuler sur une route large lentement sans raisons et très (trop) à droite.
  2. Stationner ou manœuvrer difficilement.
  3. Donner manifestement trop de gaz et faire patiner l'embrayage sans vraiment bouger.
  4. Ne plus être capable de conduire n'importe quelle voiture après quelques minutes ou kilomètres d'adaptation.
  5. Ne plus vouloir conduire une autre voiture que la sienne.
  6.  Ne plus envisager d'en changer.

Pas déterminants

Certes nous avons déjà tous observé, de près ou de loin, ce type de comportements, dont les trois derniers en tout cas relèvent du même phénomène: une plus grande difficulté à s’adapter au changement. Cela ne vaut d’ailleurs pas que pour la conduite d’une automobile: alors que des enfants de 5 ou 6 ans nous émerveillent ou nous consternent – c’est selon! – par leur faculté à maîtriser des jouets inspirés par les technologies informatiques voire les téléphones portables de leurs parents, bien des aînés ont besoin de plusieurs jours d’intense méditation pour atteindre le même résultat… quand ils y parviennent.
Faut-il pour autant faire de ces comportements des critères d’aptitude à la conduite d’une automobile? Nous ne le pensons pas et pour diverses raisons.
Les signes dont il est question ci-dessus sont évidemment révélateurs, mais moins objectifs et à nos yeux moins déterminants que des critères comme la vue, une certaine souplesse physique et l’aptitude à concentrer son attention sur la route et le trafic.
D’autre part, ces observations devraient relever d’autres milieux que le corps médical, auquel on ne saurait demander de placer ces patients en situation pratique. Il y faudrait au moins un simulateur de conduite, au mieux un examen de terrain. Alors quoi? Obliger tous les seniors à faire tous les deux ans dans la septantaine puis chaque année à partir de 80 ans un parcours routier avec un moniteur d’auto-école ou un collaborateur de l’Office cantonal des véhicules? Voilà qui semble un peu illusoire.
Et puis, les aînés au volant ne sont sûrement pas les seuls à conduire lentement sur une route dégagée, à ne pas être très à l’aise dans un créneau de stationnement, à faire patiner leur embrayage au démarrage, à appréhender un peu un changement de véhicule. On pourrait y ajouter notamment les comportements dans les giratoires, sur l’autoroute ou dans les parkings souterrains…

Une "dangerosité" à relativiser

Pour reprendre le constat cynique sur lequel s’est ouvert ces lignes, un durcissement se justifierait peut-être si la majorité des seniors étaient à l’évidence des dangers publics. Or la statistique révèle que les plus de 70 ans n’apparaissent que dans 7% des accidents de la route… et souvent dans des circonstances qui ne suscitent pas de commentaires particuliers lorsqu’ils sont le fait de conducteurs plus jeunes.
Dès lors, sauf à vouloir balayer l’essentiel des conducteurs âgés du trafic, ce qu’il faut s’efforcer de déceler, ce sont d’abord les causes d’une réelle inaptitude. A l’heure actuelle, aucun examen spécifique ne permet d’évaluer avec certitude l’aptitude à la conduite. Mais l’autorité n’est pas totalement démunie pour autant. Dans certains cas, lorsque l’examen médical ne permet pas de poser un jugement définitif, d’autres évaluations peuvent être considérées comme nécessaires et il est alors procédé à des tests psychotechniques et à des examens confiés à un neuropsychologue, inspirés de ceux qui sont utilisés pour diagnostiquer les démences séniles.
Au vu du degré objectif d’insécurité que présentent les seniors au volant, nous pensons que la vigilance et l’arsenal actuels permettent d’éviter l’essentiel des risques intrinsèques. Reste aussi le sens des responsabilités qui les amène par eux-mêmes ou, comme le suggère notre lecteur, sur la recommandation de leur entourage, à renoncer à conduire ou à se limiter à des trajets où le risque est encore réduit. Si l’observation et la statistique devaient un jour montrer, par exemple au gré d’un sensible allongement de l’espérance de vie, que ce risque augmente, il serait temps de mettre sur pied de nouvelles dispositions.

Didier Fleck

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L'alcool sous la loupe

La sécurité routière au sens large fait partie des principales préoccupations et raisons d’exister du Touring Club Suisse, tant au niveau central qu’au sein de ses sections cantonales. De nombreuses manifestations et publications en témoignent.

C’est ainsi que, lors des dernières «Automnales», dont la Fondation des parkings était l’hôte d’honneur, des membres de la commission Sécurité et Prévention de la section genevoise du TCS étaient présents sur ce stand. Les visiteurs ont été sensibilisés à la question de la consommation d’alcool et aux risques qui y sont liés pour quiconque n’adopterait pas la formule désormais emblématique: «Boire ou conduire, il faut choisir». Pour s’en convaincre, ils ont eu la possibilité d'effectuer, grâce à une animation mise sur pied par la section et munis de lunettes simulant différents taux d'alcoolémie, un parcours présentant quelques embûches. Il a même été proposé à ceux qui pouvaient avoir un doute sur leur état du moment de faire un test avec un éthylomètre pour se déterminer quant à leur trajet de retour…
Nous revenons dans ce petit dossier sur un certain nombre d’enseignements qu’il était possible de glaner sur la question, lesquels font d’ailleurs partie pour la plupart de communications de l’Office fédéral de la santé publique, du Bureau de prévention des accidents (bpa) et d’Addiction Suisse. Celles-ci s’étendent souvent aux «drogues illégales», mais nous nous en tiendrons ici à l’alcool.

Etudes et statistiques

En Suisse, on estime qu’environ 80% des personnes âgée de 15 à 74 ans consomment de l’alcool plus ou moins régulièrement. Dans le cadre d’enquêtes menées en Suisse romande, une personne sur trois en possession d’un permis de conduire a reconnu avoir consommé occasionnellement trop d’alcool alors qu’elle allait se mettre au volant, alors que chez les adolescents et les jeunes adultes près d’un sur deux (garçons) et d’une sur cinq (filles) admettent avoir conduit au moins une fois en étant ivre; chez les jeunes hommes de 16 à 20 ans, un sur dix reconnaît même l’avoir fait plusieurs fois.
Une statistique de 2009 estimait que l’alcool a joué un rôle causal ou concomitant dans environ 14% des accidents: il était en jeu dans environ 12% des accidents ayant causé des blessures graves ou mortelles et dans environ 8% de ceux ayant entraîné des blessures légères.
Il n’étonnera personne d’apprendre que ces accidents sont particulièrement fréquents le week-end, le plus souvent la nuit ou au petit matin. Les jeunes hommes de 18 à 24 ans y sont très fréquemment impliqués (sortie de bars, discos ou autres lieux de loisirs). En fait, il s’agit souvent de personnes qui boivent d’habitude modérément mais occasionnellement beaucoup et qui se mettent ensuite au volant.

Les effets

L’alcool, même consommé en petites quantités, diminue les capacités de concentration et de réaction, modifie les perceptions visuelles, perturbe l’équilibre et la coordination, réduit l’attention et allonge le temps et la justesse des réactions, fausse l’appréciation de ses propres capacités et incite à prendre des risques. En résumé, les performances diminuent alors même que naît une propension à se surestimer…
Une conséquence moins connue de la consommation d’alcool mérite une explication plus détaillée. Comme l’indique Addiction Suisse dans une publication sur les jeunes et l’alcool, notre cerveau fonctionne à deux niveaux. Ses performances basiques nous permettent de faire face à tout ce dont nous avons l’habitude et que nous avons en quelque sorte automatisé. Les réserves de capacité ne sont mobilisées qu’au moment où nous sommes confrontés à des événements imprévisibles que nous ne maîtrisons pas bien. Appliqué à la conduite, cela signifie que les automobilistes expérimentés se débrouillent sans problème avec leurs performances basiques pour parcourir leurs trajets habituels. Ce n’est que lorsqu’ils sont confrontés à une situation inattendue ou imprévisible qu’ils doivent recourir à leurs réserves de capacité: elles leur permettent de réagir de manière adéquate, d’évaluer l’effet de cette réaction et de mettre encore en œuvre une réaction d’urgence en cas de nécessité. Tout cela doit aller très vite. Or les effets de l’alcool se répercutent en priorité sur les réserves de capacité et ensuit seulement sur les performances basiques, avec l’augmentation de la quantité. Ainsi, jusqu’à environ 0,5 pour mille, les automobilistes chevronnés disposent de suffisamment de réserve de capacité pour réagir adéquatement à des situations critiques. A partir de 0,5 pour mille, les réserves de capacité sont réduites au point qu’une réaction suffisamment rapide et appropriée devient presque impossible. Dès 1 pour mille, les capacités de base sont elles aussi notablement affectées, ce qui peut être problématique même dans des situations connues. A noter encore que les conducteurs inexpérimentés doivent, eux, pouvoir compter sur leurs réserves de capacité même dans des situations courantes… CQFD !

Les risques

Le risque zéro n’existe pas, dit-on, et c’est une réalité: la vie elle-même en est un… ou plutôt une succession. Il y a ceux que nous subissons (les attentats terroristes en fournissent une dramatique illustration) et ceux que nous prenons (dans le même ordre d’idée, choisir de passer ses vacances dans des pays réputés peu sûrs).
Parmi ceux que nous prenons consciemment – parce qu’il est impossible d’échapper aux informations et mises en garde à ce sujet – peu nombreux sont ceux qui peuvent avoir autant de conséquences graves que la conduite sous l’emprise de l’alcool. Mise en danger de la vie et blessures infligées à des tiers ou à soi-même, lourdes conséquences financières, mesures administratives (perte du permis de conduire, inscription au casier judiciaire), répercussions sur l’emploi et la vie sociale… on en oublie sans doute.
Elevé, ce risque est de surcroît pris de manière totalement gratuite, alors qu’aucun avantage n’y est lié. Hormis des actes extrêmes dont l’actualité peut offrir quelques exemples (du genre attaquer un poste de police avec un hachoir, comme on l’a lu récemment… !), on peine même à lui trouver un équivalent dans la vie courante. La question s’impose donc: pourquoi sont-ils si nombreux à le prendre?

Pourquoi certains conduisent-ils malgré tout dans cet état?

Chacun devrait en effet se poser la question… même s’il a pu lui arriver d’en faire partie et d’échapper au pépin et même au contrôle. Ce qui, par parenthèse, tendrait à indiquer que les statistiques à ce sujet sont en dessous de la réalité.
Des éléments de réponse sont donnés par Addiction Suisse dans son étude à vocation préventive sur les jeunes et l’alcool. Certains leur sont plus spécifiques alors que d’autres valent pour tous.
Si le conducteur chevronné peut difficilement invoquer un manque de connaissance à ce sujet, si l’influence du groupe et le goût du risque tendent à diminuer sensiblement avec les années, la réduction de la capacité de faire des choix raisonnables sous l’influence de l’alcool et le manque d’anticipation sont certainement des raisons communes à tous les âges.
Jeune ou moins jeune, l’alcoolisation empêche d’évaluer correctement et les dangers réels et ses propres capacités. L’addition de ces deux incapacités peut être catastrophique dès lors qu’elle ne permet pas de prendre la seule décision qui s’impose: renoncer à conduire. Pour les auteurs de l’étude, les personnes ivres se sentent même souvent particulièrement aptes à conduire! Quant au manque d’anticipation, volontaire ou un peu inconscient (ce qui revient quasiment au même), il empêche de penser au retour avant de sortir pour une fête ou simplement un repas arrosé.
Et là nous devons bien admettre, pour une part, l’influence «culturelle» dans les régions du monde où l’alcool est omniprésent, où en particulier, comme chez nous, la connaissance et le goût du bon vin accompagnant la bonne chère font partie de «la bonne vie», avec la détente, l’euphorie, les relations voire la notoriété que cela procure. Dans ce contexte, s’en priver ou refuser à participer (comme conducteur ou passager) au déplacement que cela implique est encore souvent entaché d’une image de pisse-froid ou de «mauviette». Dès lors, jeunes ou moins jeunes, on y va et on verra bien… et toute l’erreur à corriger est là.

En guise de conclusion

Le TCS ne se fait pas d’illusions excessives: son action – et cet article en fait modestement partie – n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des mises en garde justifiées par l’importance de la cause. Mais si, à sa lecture, ou après la visite des dernières Automnales, quelques personnes seulement renonçaient dorénavant à prendre le volant après avoir bu plus d’un verre ou deux, ou anticipaient en prévoyant un autre moyen de transport pour l’aller-retour ce soir-là, ce serait déjà un succès. A multiplier bien sûr au gré de mises en garde toujours renouvelées… et malheureusement de faits divers qui devraient au moins servir d’exemples. Pour que «boire ou conduire» soit un jour une vraie alternative: ou l’un ou l’autre.

 

Didier Fleck

Coup d’œil dans la loi…

Au regard de la loi, le conducteur devra rester constamment maître de son véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de la prudence. Toute personne qui n’a pas les capacités physiques et psychiques nécessaires pour conduire un véhicule parce qu’elle est sous l’influence de l’alcool, de stupéfiants, de médicaments ou pour d’autres raisons est réputée incapable de conduire pendant cette période et doit s’en abstenir.
En ce qui concerne l’alcool, à partir de 0,5 pour mille on est considéré comme inapte à conduire. Il arrive également que des personnes qui n’ont pas atteint ce taux soient considérées comme telles. C’est le cas lorsque d’autres éléments influant sur leurs capacités (maladie, fatigue…) s’ajoutent à une consommation même modérée.
La conduite d’un véhicule automobile avec une alcoolémie de 0,5 à 0,79 pour mille est considérée comme une «infraction légère» et, selon les circonstances, punie par une amende ou des arrêts, indépendamment des mesures administratives (avertissement, retrait de permis en cas de récidive).
Conduire avec une alcoolémie de 0,8 pour mille ou plus est une «infraction grave», punie d’amende ou d’emprisonnement et du retrait de permis pour au moins trois mois. La peine dépend de la gravité de la faute commise et des antécédents et les mesures administratives seront elles aussi plus sévères dans ce cas.

… et dans le contrat d’assurance

Aux blessures éventuelles, sanctions pénales ou administratives peuvent s’ajouter des conséquences financières non négligeables. Lors d’un accident, une enquête est menée pour établir les responsabilités respectives des diverses personnes impliquées. La détermination du taux d’alcool dans le sang en fait partie. Les assurances (responsabilité civile, accidents) peuvent pénaliser directement les personnes responsables d’un accident alors qu’elles étaient sous l’influence de l’alcool en réduisant leurs prestations. D’autre part, un recours contre un conducteur fautif pour négligence grave peut obliger celui-ci à rembourser des sommes substantielles sur des versements faits à des tiers, allant jusqu’à des centaines de milliers de francs selon la gravité des cas! 

L'alcool sous la loupe

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