27/11/2015

Vous avez dit Paix des transports ?

L’on entend dire ces derniers temps que l’on parviendrait enfin à une paix des transports. Que les partis se mettraient d’accord pour que la mobilité ne soit plus un enjeu politique. Que des solutions pragmatiques seraient sur le point d’être trouvées à Genève face aux problèmes actuels affectant le trafic routier et, dans une certaine mesure, les transports publics. Mais à y regarder de plus près, force est de constater que nous n’en sommes pas encore là, tant s’en faut.

Le Grand Conseil vient de voter un crédit de 250'000 francs pour étudier la faisabilité d’un péage urbain. Or un tel projet – qui serait néfaste et inadapté pour Genève (voir le dossier de notre journal de mai 2015) – est de surcroît proscrit par la Constitution suisse. Certains députés du Grand Conseil n’hésitent donc pas à gaspiller les deniers publics pour étudier quelque chose d’impossible à réaliser, tout en donnant un signal négatif à l’heure où les commerçants genevois sont déjà affectés par le tourisme d’achat.

La commission des transports du même Grand Conseil travaille depuis le début de l’année à l’élaboration d’une loi sur la mobilité, dont l’ambition est de trouver des solutions globales, mais dont le résultat est principalement de limiter l’accès des véhicules au centre ville. Or, sachant que ce centre est aujourd’hui un point de passage obligé pour une part importante du trafic de transit, on serait en droit d’espérer qu’un consensus se fasse sur une traversée du lac, permettant précisément d’éviter le centre. Eh bien il n’en est rien ! En effet, ceux-là mêmes qui veulent limiter la présence des véhicules au centre ne veulent toujours pas d’une traversée du lac pour le contourner. Ils annoncent qu’ils combattront en votation populaire une telle réalisation.

Parler de paix des transports dans de telles circonstances est inconvenant. Quant à lui, le TCS a toujours été adepte des compromis, en appuyant par exemple la réalisation du CEVA. Il est regrettable que la culture du compromis dans le domaine des transports ne soit pas partagée à Genève.

François Membrez, président de la section Genève du TCS

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28/01/2015

Suppression de places de stationnement à Genève : les autorités veulent passer la surmultipliée !

On aurait pu croire à une pacification de la situation, suite à la promulgation en mai 2012 de la loi sur le stationnement et la constitution d’un comité de suivi de la compensation. On aurait effectivement pu y croire. La réalité a malheureusement rapidement fait déchanter les porteurs d’une solution concertée et raisonnable.

A la base, la volonté affichée consistait à définir les conditions-cadre ouvrant la porte à la suppression de places de stationnement en surface en contrepartie de la création, en nombre égal, de places en en sous-sol. Le but recherché était limpide : cela permettait de créer des zones piétonnes cohérentes ou de libérer de l’espace afin d’assurer une meilleure fluidité du trafic. Depuis lors, que s’est-il passé ? Très simple : sur la base d'un règlement contestable ou même souvent arbitrairement, on supprime des places avec une compensation exclusivement dans des parkings existants, voire sans aucune compensation du tout. Des créations de nouvelles places ? Circulez (ou plutôt, continuez à chercher), il n’y a rien n’à voir.

Mais il y a pire : entre la lecture des projets publiés dans la Feuille d’Avis Officielle et les courriers des membres du TCS nous alertant sur des suppressions non mises à l’enquête - une spécialité de la ville de Genève, qui joue avec le fait que la suppression de marquages au sol n’est pas en principe pas soumise à une procédure publique – les dernières semaines témoignent d’une nette accélération de ce qu’il faut bien appeler un détournement de l’esprit de la loi. Jugez plutôt : entre les suppressions effectives ou projetées, on totalise désormais plus de 600 places condamnées à disparaître, ou à être compensées par des places au prix pour les habitants multiplié par 11, tout ceci dans un silence assourdissant ! La liste est longue mais tout le territoire est touché : Boulevard Emile-Jacque Dalcroze, Rive, Place de la Synagogue, Avenue de La Paix, Avenue de la Roseraie, Chemin Frank-Thomas, Avenue de la Gare des Eaux-Vives, Rue de Montbrillant etc, etc…

Dans ce contexte, les projets de loi 11409 et 11342 prochainement traités par le Grand-Conseil prennent toute leur signification. Il est en effet grand temps de préciser une loi sur le stationnement de toute évidence trop imprécise et ouvrant la voie aux dérives décrites ci-dessus.

François Membrez

Président TCS Genève

19/02/2014

Traversée de la Rade : petites vérités et grands raccourcis politiques

Dans un contexte de prises de position politiques manichéennes, voire carrément épidermiques sitôt que le terme « traversée de la Rade » est évoqué, les exemples d’amnésie politique dont font preuve certains députés sont réguliers. Il n’est dès lors pas surprenant que certains incendient le TCS parce qu’il soutient l’initiative de l’UDC (IN152). Mais, malheureusement pour eux, la réflexion est une peu courte. Remettons donc l'église au milieu du village avec quelques rappels:

1. Le TCS a été auditionné sur le sujet à fin décembre par la Commission des transports du Grand Conseil. A cette occasion, le TCS a démontré qu'il était juridiquement possible de proposer un contre-projet de même niveau (constitutionnel) que l'Initiative 152 (IN152) proposée par l'UDC.

3. Le TCS a également précisé qu'il était favorable aux deux traversées, celle de la Rade (courte) et celle du Lac (longue). En cas de décision du Grand Conseil de lancer un contre-projet, le TCS aurait donc milité pour le double OUI; et à la question subsidiaire (si un double OUI était sorti des urnes), le Club de la mobilité aurait préconisé le OUI à la traversée autoroutière. Tout ceci était donc connu.

4. Le TCS n'a pas changé d'avis; mais le Grand Conseil a refusé de lancer un contre-projet et, de ce fait, n’a pas donné l’occasion à la population genevoise de prendre position pour l'un ou l'autre des projets. Dont acte. Dommage.

5. En conséquence et en toute logique, le TCS soutient désormais l'IN152, comme nous avons eu l'occasion de l'annoncer devant la Commission du Grand Conseil.

6. La Traversée de la Rade apporte une nette amélioration par rapport à la situation actuelle: nous aurons l'occasion de revenir sur ce point de manière plus technique en temps utile.

7. Les points d'accrochage tels que définis par l'IN152 peuvent être améliorés pour vraiment décharger le centre-ville. Certains semblent certains de la rigidité absolue du texte de l'initiative, qui empêcherait toute adaptation de tracé... La question est plus complexe qu’il n’y paraît ; affaire à suivre!

8. Il faut aussi penser en dehors du microcosme politique cantonal : un NON à ce projet aurait également un impact négatif sur la traversée autoroutière du Plan directeur cantonal, car du côté de la Berne fédérale, un vote négatif sera sans grand doute interprété comme un refus de toute traversée!

9. Avec la création de la traversée de la Rade, le pont du Mont-Blanc pourra être adapté pour simplifier la progression des transports publics et de la mobilité douce. Quant aux quais qui forment le U lacustre, ils pourront être repensés dans un esprit de convivialité urbaine.

10. Et pour terminer: la traversée de la Rade n'exclut pas, à terme, la Grande traversée!

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30/01/2014

Traversée de la Rade / du Lac: La vision d’abord, le financement après!

L’initiative 152 (IN152) demande la réalisation d’une traversée de la Rade entre l’avenue de France et le Port-Noir. Comme nous l’avons déjà évoqué, cette initiative est basée sur des projections réalisées il y a bientôt 15 ans. Or les volumes de trafic prévus pour l’an 2020 ont été dépassés en 2012 déjà. Ensuite, ou en conséquence, le tracé voulu par cette initiative, notamment les accès de part et d’autre, n’est pas idéal car il ne libère pas suffisamment le centre-ville de la circulation. La traversée du Lac, en revanche, prévue dans le plan directeur cantonal, en créant un véritable bouclage du contournement autoroutier, permet de décharger de nombreuses routes situées à l’intérieur de son périmètre et même de diminuer considérablement le trafic sur l’actuel contournement. Mais il est tout-à-fait possible de prévoir également une traversée nettement plus courte, de la Rade donc, en apportant de notables améliorations au niveau des accès sur les deux rives par rapport au texte de l’IN152. Ces options, fort différentes, n’ont jamais été proposées au peuple.

C’est à la lumière de ce constat que le TCS, fort d’un avis de droit et d’une proposition de formulation, a dès lors proposé qu’un contre-projet soit opposé à l’IN152, de façon à permettre l’émergence de la meilleure solution possible. La Commission des transports du Grand Conseil a reconnu le bon sens de cette approche et recommande donc au Grand Conseil de donner la possibilité aux citoyennes et citoyens genevois de se prononcer en votation populaire sur le meilleur choix de tracé.

On a pu lire récemment des interprétations fantaisistes de l’approche du TCS Genève, en particulier pour ce qui touche au mode de financement d’un tel projet. Cette question, cruciale s’il en est, est cependant prématurée. Il importe prioritairement de définir une vision de l’aménagement de notre territoire partagée par le plus grand nombre et ensuite seulement de trouver les moyens pour la concrétiser. L’implication de la Confédération (incorporation au réseau des routes nationales), du Canton (moyens propres et/ou emprunt public), voire d’éventuels acteurs privés (sous forme de concession à durée déterminée par exemple) devra être abordée en toute transparence, à la lumière de l’orientation donnée par le résultat du vote populaire. Mais l’heure de ce débat complexe en forme d’équation à plusieurs inconnues n’a pas encore sonné ; ouvrir ce volet du débat est prématuré.

Courant février, la question à laquelle le Grand Conseil va devoir répondre est brève et directe : l’IN152 doit-elle être proposée telle quelle au peuple, avec ses qualités et ses défauts, ou alors vaut-il mieux ouvrir la porte à une alternative de tracé ? Le TCS Genève propose de donner le choix au peuple ; le Grand Conseil disposera.