19/02/2014

Traversée de la Rade : petites vérités et grands raccourcis politiques

Dans un contexte de prises de position politiques manichéennes, voire carrément épidermiques sitôt que le terme « traversée de la Rade » est évoqué, les exemples d’amnésie politique dont font preuve certains députés sont réguliers. Il n’est dès lors pas surprenant que certains incendient le TCS parce qu’il soutient l’initiative de l’UDC (IN152). Mais, malheureusement pour eux, la réflexion est une peu courte. Remettons donc l'église au milieu du village avec quelques rappels:

1. Le TCS a été auditionné sur le sujet à fin décembre par la Commission des transports du Grand Conseil. A cette occasion, le TCS a démontré qu'il était juridiquement possible de proposer un contre-projet de même niveau (constitutionnel) que l'Initiative 152 (IN152) proposée par l'UDC.

3. Le TCS a également précisé qu'il était favorable aux deux traversées, celle de la Rade (courte) et celle du Lac (longue). En cas de décision du Grand Conseil de lancer un contre-projet, le TCS aurait donc milité pour le double OUI; et à la question subsidiaire (si un double OUI était sorti des urnes), le Club de la mobilité aurait préconisé le OUI à la traversée autoroutière. Tout ceci était donc connu.

4. Le TCS n'a pas changé d'avis; mais le Grand Conseil a refusé de lancer un contre-projet et, de ce fait, n’a pas donné l’occasion à la population genevoise de prendre position pour l'un ou l'autre des projets. Dont acte. Dommage.

5. En conséquence et en toute logique, le TCS soutient désormais l'IN152, comme nous avons eu l'occasion de l'annoncer devant la Commission du Grand Conseil.

6. La Traversée de la Rade apporte une nette amélioration par rapport à la situation actuelle: nous aurons l'occasion de revenir sur ce point de manière plus technique en temps utile.

7. Les points d'accrochage tels que définis par l'IN152 peuvent être améliorés pour vraiment décharger le centre-ville. Certains semblent certains de la rigidité absolue du texte de l'initiative, qui empêcherait toute adaptation de tracé... La question est plus complexe qu’il n’y paraît ; affaire à suivre!

8. Il faut aussi penser en dehors du microcosme politique cantonal : un NON à ce projet aurait également un impact négatif sur la traversée autoroutière du Plan directeur cantonal, car du côté de la Berne fédérale, un vote négatif sera sans grand doute interprété comme un refus de toute traversée!

9. Avec la création de la traversée de la Rade, le pont du Mont-Blanc pourra être adapté pour simplifier la progression des transports publics et de la mobilité douce. Quant aux quais qui forment le U lacustre, ils pourront être repensés dans un esprit de convivialité urbaine.

10. Et pour terminer: la traversée de la Rade n'exclut pas, à terme, la Grande traversée!

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