25/05/2016

Les votations cantonale du 5 juin : NON à l'initiative 154, questions sur le contreprojet

Les trois sujets de mobilité au menu des prochaines votations cantonales sont la Traversée du lac, d’une part, et l’initiative 154 pour la priorité des transports publics et son contre-projet, d’autre part.

Le premier objet, soit la Traversée du lac détaillée dans ce numéro, nécessite absolument un OUI. À l’instar de toute ville importante, Genève a besoin de boucler un boulevard périphérique qui permettra de réaménager le centre, de diminuer les bouchons et de mettre fin aux temps d’attente lorsqu’il s’agit de passer d’une rive à l’autre.

Le second objet appelle un NON en ce qui concerne l’initiative 154 elle-même. S’agissant de son contre-projet, le TCS Genève n’émet pas de recommandation, mais soulève des interrogations.

L’IN154

L’initiative 154 pour la priorité des transports publics laisse entendre que pour avoir des transports publics plus rapides, la circulation routière devrait être aménagée afin de leur donner la priorité. Or là n’est pas le problème en ce qui concerne Genève.

Afin d’améliorer l’efficacité des transports publics, il conviendrait de revoir les flux de passagers aux arrêts du centre-ville lors des transbordements. De plus, le temps prioritaire accordé aux bus et aux trams aux carrefours devrait être adapté en temps réel afin d’améliorer la réactivité du système. Les détecteurs de files d’attente (caméras ou boucles d’induction) sont des technologies connues. Il existe des programmes de gestion des carrefours qui font varier la durée des feux en tenant compte de la situation concrète. La distance entre les arrêts est aussi une piste à approfondir. Enfin, le CEVA, soit le futur réseau ferroviaire Léman Express, apportera également une réponse.

N’étant pas propre à résoudre la situation et occultant des solutions à portée de main, l’initiative 154 doit être rejetée.

Que faut-il penser du contre-projet à l’IN 154?

Sans émettre de mot d’ordre, le TCS Genève soulève trois interrogations.

  1. Cohérence avec le corpus législatif existant

Outre le droit fédéral, la mobilité à Genève est régie par une quinzaine de lois et règlements qui s’articulent les uns avec les autres dans une mosaïque assez complexe. Or le texte soumis au vote n’en tient pas suffisamment compte. A titre d’exemple, la loi sur les routes prévoit une organisation — appelée hiérarchie — selon des axes. Il est prévu que le réseau routier primaire a pour fonction d’assurer des échanges fluides entre les différents secteurs de l’agglomération. Le secondaire doit permettre de relier des quartiers entre eux alors que le réseau routier de quartier dessert les habitants et les activités. Faute des aménagements nécessaires, l’obligation de fluidité n’est pas respectée aujourd’hui comme on le constate tous les jours! Mais le sera-t-elle plus avec le contre-projet, qui ajoute des zones aux axes, sans prévoir comment se règle l’opposition entre eux? Ainsi, dans la zone 1, destinée aux transports publics et à la mobilité douce, où il est prévu que l’accès aux véhicules privés est «restreint», qu’adviendra-t-il des routes du réseau primaire et du réseau secondaire? Comment la circulation sera-t-elle assurée?

  1. La délimitation des zones n’a pas été prévue

Les zones dont il est question ci-dessus ne sont pas délimitées dans le contre-projet. Son article 6 renvoie sur ce point à l’article 12 de la «loi sur la mobilité». Or cette loi n’a pas encore été adoptée par le Grand Conseil. Selon le projet actuel, elle donne la compétence au Conseil d’Etat d’établir des plans d’action et c’est dans ce cadre que le périmètre des zones devrait être défini. Selon le TCS, il n’est pas possible de se prononcer sur une loi instituant des zones lorsque celles-ci ne sont pas connues. De plus, est-il judicieux de donner la compétence au Conseil d’Etat d’établir une carte prévoyant des zones? Ne devrait-on pas donner cette responsabilité au Grand Conseil?

  1. La durée de stationnement dans les parkings publics en ouvrage est limitée à cinq heures

Sachant qu’une telle limitation de durée n’existe pas pour les parkings des grands centres commerciaux en France voisine, le TCS estime que l’on porte ici préjudice au commerce local. Il conviendrait de sauvegarder, pour les commerçants genevois, déjà impactés par la force du franc, de bonnes conditions cadre.

03/09/2014

Deux traversées complémentaires

Sans attendre le résultat de la votation sur la traversée de la rade du 28 septembre, le PLR et le PDC ont décidé de lancer une initiative sur la grande traversée du lac. Pour le TCS, c’est au fond une bonne chose. En effet, les deux traversées sont complémentaires.

Explications :

  • La traversée de la rade en tunnel, de l’avenue de France au Port Noir puis à Malagnou, est une solution urbaine permettant de dévier le trafic qui transite actuellement par l’hyper-centre en dehors de celui-ci. Coût du projet : entre 660 et 700 millions en procédant à l'actualisation des coûts de ce projet qui a fait l'unanimité autour de lui il y a 10 ans. Les avantages sont connus ; parmi ceux-ci on citera la fluidification du centre, les nombreuses possibilités d’aménagement des quais pour une qualité de vie en nette hausse et la flexibilité retrouvée pour procéder aux indispensables entretiens de la voirie, comme le pont du Mont-Blanc qui devrait subir d’importants travaux de rénovation. La décision de réaliser cette traversée incombera exclusivement aux citoyens genevois. Verdict le 28 septembre.
  • La grande traversée, dite du lac, pourrait quant à elle franchir le plan d’eau du Vengeron à Pointe à la Bise. Il s’agirait d’un bouclement du périphérique autoroutier du Grand Genève. Coût : de l’ordre de 4 milliards. Utile à long terme. En effet, la décision de réalisation d’un tel ouvrage reviendrait à la Confédération. Or pour l’heure tout reste à faire pour convaincre Berne d’inscrire un projet qui a été nettement recalé par le Conseil national  le 16 septembre 2013 par 108 NON contre 68 OUI. Le détail du vote est intéressant : les partis PDC et PLR ont voté en bloc contre le projet genevois. Et le conseiller d’Etat Luc Barthassat, qui siégeait encore sous la coupole fédérale à ce moment, était absent lors du vote.  Quant au Conseil des Etats, il a rejeté la grande traversée dite du lac à l'unanimité en mars 2013.

En résumé, les deux traversées répondent à des besoins distincts et complémentaires. Bien loin d’opposer ces projets, il est sage de les intégrer dans un plan cohérent de développement de l’infrastructure des transports genevois, en gardant à l’esprit des thèmes aussi concrets que la croissance démographique, les délais de création de logements, en particulier sur la rive gauche,  la lenteur des procédures ainsi que les réalités de la politique fédérale, dans un contexte extrêmement concurrentiel où, au-delà des effets d’annonce, chaque région aura à cœur de jouer sa propre partition.

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14/02/2014

IN152 sur la Traversée de la Rade

L’initiative 152 demande la réalisation d’une « Traversée de la Rade » entre l’avenue de France et le Port-Noir.

Après l’avoir étudié dans le cadre d’un groupe de travail, le TCS est arrivé à la conclusion que le tracé voulu par cette initiative n’est pas idéal car il ne libère pas suffisamment le centre-ville de la circulation. Ce sont plus particulièrement les accès de part et d’autre qui peuvent être améliorés.

Fort d’un avis de droit et d’une proposition de formulation, notre club a dès lors proposé devant la Commission des transports du Grand Conseil qu’un contre-projet soit opposé à l’initiative 152, de façon à permettre l’émergence de la meilleure solution possible.

Cette solution pouvait être la « Traversée du Lac » prévue dans le plan directeur cantonal ou une traversée de la rade améliorée, permettant de mieux décharger le centre-ville.

Le Grand Conseil n’a malheureusement pas saisi cette opportunité, si bien que seule la traversée de la rade prévue dans l’initiative 152 sera soumise au vote populaire.

Bon nombre de députés ayant refusé l’idée d’un contre-projet sont en réalité contre toute traversée quelle qu’elle soit, pour des raisons idéologiques, si bien qu’ils n’ont pas voulu se donner la chance de proposer un projet optimal.

Malgré les points perfectibles du tracé de l’initiative 152, le TCS soutiendra cette dernière lors du vote populaire. Elle est en effet préférable à la situation actuelle, qui ne peut plus être tolérée. En outre, elle permet d’envisager plus sereinement la future réfection du pont du Mont-Blanc ainsi que des aménagements complémentaires pour celui-ci, notamment un espace dédié aux vélos.

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30/01/2014

Traversée de la Rade / du Lac: La vision d’abord, le financement après!

L’initiative 152 (IN152) demande la réalisation d’une traversée de la Rade entre l’avenue de France et le Port-Noir. Comme nous l’avons déjà évoqué, cette initiative est basée sur des projections réalisées il y a bientôt 15 ans. Or les volumes de trafic prévus pour l’an 2020 ont été dépassés en 2012 déjà. Ensuite, ou en conséquence, le tracé voulu par cette initiative, notamment les accès de part et d’autre, n’est pas idéal car il ne libère pas suffisamment le centre-ville de la circulation. La traversée du Lac, en revanche, prévue dans le plan directeur cantonal, en créant un véritable bouclage du contournement autoroutier, permet de décharger de nombreuses routes situées à l’intérieur de son périmètre et même de diminuer considérablement le trafic sur l’actuel contournement. Mais il est tout-à-fait possible de prévoir également une traversée nettement plus courte, de la Rade donc, en apportant de notables améliorations au niveau des accès sur les deux rives par rapport au texte de l’IN152. Ces options, fort différentes, n’ont jamais été proposées au peuple.

C’est à la lumière de ce constat que le TCS, fort d’un avis de droit et d’une proposition de formulation, a dès lors proposé qu’un contre-projet soit opposé à l’IN152, de façon à permettre l’émergence de la meilleure solution possible. La Commission des transports du Grand Conseil a reconnu le bon sens de cette approche et recommande donc au Grand Conseil de donner la possibilité aux citoyennes et citoyens genevois de se prononcer en votation populaire sur le meilleur choix de tracé.

On a pu lire récemment des interprétations fantaisistes de l’approche du TCS Genève, en particulier pour ce qui touche au mode de financement d’un tel projet. Cette question, cruciale s’il en est, est cependant prématurée. Il importe prioritairement de définir une vision de l’aménagement de notre territoire partagée par le plus grand nombre et ensuite seulement de trouver les moyens pour la concrétiser. L’implication de la Confédération (incorporation au réseau des routes nationales), du Canton (moyens propres et/ou emprunt public), voire d’éventuels acteurs privés (sous forme de concession à durée déterminée par exemple) devra être abordée en toute transparence, à la lumière de l’orientation donnée par le résultat du vote populaire. Mais l’heure de ce débat complexe en forme d’équation à plusieurs inconnues n’a pas encore sonné ; ouvrir ce volet du débat est prématuré.

Courant février, la question à laquelle le Grand Conseil va devoir répondre est brève et directe : l’IN152 doit-elle être proposée telle quelle au peuple, avec ses qualités et ses défauts, ou alors vaut-il mieux ouvrir la porte à une alternative de tracé ? Le TCS Genève propose de donner le choix au peuple ; le Grand Conseil disposera.

17/01/2014

IN 152 sur la Traversée de la Rade : le TCS demande un contre-projet

L’initiative 152 prévoit la réalisation d’une « Traversée de la Rade » entre l’avenue de France et le Port-Noir. Elle est toutefois basée sur une pré-étude de 2004 qui, elle-même, s’appuie sur des chiffres et projections réalisées en l’an 2000. Or ces chiffres sont déjà largement dépassés. Les projections de trafic pour l’an 2020 ont par exemple été atteintes en 2012 déjà.

 

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Mais c’est surtout le tracé imposé par cette initiative, en particulier les accès de part et d’autre, qui est insatisfaisant, car il ne libère pas suffisamment le centre-ville. La Traversée du Lac en revanche, prévue dans le plan directeur cantonal, en créant un véritable bouclage du contournement autoroutier, permet de décharger de nombreuses routes situées à l’intérieur de son périmètre et même de diminuer considérablement le trafic sur l’actuel contournement.

La Traversée du Lac est donc  une des alternatives possibles à l’IN 152. Mais il est également envisageable de proposer une traversée nettement plus courte, une Traversée de la Rade donc, avec un tracé sous-lacustre proche ou identique à celui proposé par l’IN 152, mais en y apportant de notables améliorations au niveau des accès sur les deux rives.

Pour pouvoir établir un comparatif sérieux de tous les avantages et inconvénients des deux ébauches d’alternatives décrites ci-dessus, la seule solution politique dont dispose le Grand-Conseil à ce stade consiste à voter le principe d’un contre-projet à l’IN 152. Attention : on ne parle pas encore de petite ou de grand traversée à ce stade du processus, mais simplement de décider d’ouvrir la porte à une alternative au projet contraignant de l’IN 152, qui empêche toute modification de tracé.

Alors, Traversée du Lac ou de la Rade ? Si, comme le souhaite le TCS, le Grand-Conseil accepte de lancer un contre-projet, une période d’une année s’ouvrira pour élaborer le texte du contre-projet, avant le vote populaire, qui aura lieu courant 2015 : c’est durant ce laps de temps que le débat pourra avoir lieu et que prendra forme le contenu précis du texte de niveau constitutionnel. Mais pour donner à Genève les meilleures chances de réaliser une traversée lacustre conforme à ses besoins, il est impératif que le Grand-Conseil commence par se prononcer en faveur du principe d’un contre-projet. A défaut, la question posée aux genevoises et aux genevois sera très simple : veulent-ils  OUI ou NON une traversée de la rade selon les plans de l’IN 152 ? Question simple, certes, mais réductrice…

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